Pour mon premier grand classique consacré à l’homme en
noir, il fallait que je frappe un grand coup. Alors une fois n’est pas coutume,
c’est une compilation et non pas un album qui fera l’objet d'une chronique.
« Love, God, Murder » est un coffret paru en l’an 2000, il comprend 3
cd avec à chaque fois une thématique bien précise. Le premier volume
« Love » est consacré aux chansons d’amour ; le second,
« God », tire vers le Gospel et les chansons religieuses ;
tandis que le troisième, « Murder », se concentre sur les histoires
de meurtres et autres affaires sordides : c’est de loin le volume le plus
intéressant du lot. Chaque album est « préfacé » par une personne
célèbre assez proche de Johnny cash : June Carter Cash pour
« Love », Bono pour « God » et enfin Quentin Tarantino pour
« Murder », en plus du traditionnel petit mot de Cash himself.
Commençons par le commencement avec le premier volume
consacré à l’amour qui débute avec « Walk The Line », l’un des grands
classiques de la période Sun Records. Si la chanson fut écrite pour rassurer sa
première épouse quant à la vie en tournée, force est de constater que Cash aura
bien du mal à marcher droit et suivre ladite ligne. La plupart des chansons
présentes sur « Love » s’adresse à June, l’amour de sa vie, comme
cette superbe ballade country qu’est « All Over Again ». Mais que
serait un disque qui parle d’amour sans « Ring Of Fire » ? Cette
chanson fit presque office de renaissance pour l’homme en noir, elle lui ouvrit
à nouveau la porte des charts américains. C’est un cadeau de June Carter.
Je ne suis pas croyant donc en toute logique «God », le
volume consacré à Dieu ne devrait pas me toucher, mais pourtant, les chansons
présentes ici sont d’une rare intensité. Même les morceaux country-gospel comme
« My God Is Real » ou « It Was Jesus » sont des purs
délices. Mais le véritable joyau de cet opus est “Redemption”, enregistré à
l’époque du premier American Recording. Sur ce titre Johnny Cash est seul
à la guitare, juste armé de sa voix profonde, c’est d’une telle intensité,
l’exemple même de la musique qui parle directement à l’âme. Plus loin il y a
« Man In White », en opposition au « Man In Black » qu’il
fut parfois de façon extrême. Voila tout
le paradoxe d’un personnage qui n’aura eu de cesse de combattre ses démons et son
côté obscur tout au long de sa vie.
« Murder » débute avec un classique parmi les
classiques, j’ai nommé « Folsom Prison Blues ». L’histoire d’un type
qui bute un mec à Reno juste pour le voir crever et qui finit dans le couloir
de la mort. Sans doute la chanson la plus emblématique de Johnny Cash. Juste
après il y a « Delia’s Gone », l’histoire du homme qui tue sa femme
et qui finit en taule rongé par les remords, un morceau qui fait froid dans le
dos. Et que dire de « Cocaïne Blues » ? Encore un type qui
flingue sa femme (décidemment), mais cette fois le mec est bien chargé et se
fait coincer au Mexique, une histoire de truand classique. La version live ici présente
est tirée du concert à Folsom, elle est juste démentielle. Plus loin, on trouve
« Highway Patrolman », une reprise d’un titre de Bruce Springsteen
paru initialement sur « Nebraska ». La version de Johnny Cash n’est
pas super bien produite, années 80 oblige, mais la voix insurpassable du
« Man In Black » fait qu’il est impossible de départager la reprise
de l’originale.
Un quatrième volume
intitulé « Life » parait en 2004, ici pas de thèmes précis, juste des
bonnes chansons. Je vous conseille de
lire la biographie de Cash en écoutant ce coffret, histoire de bien comprendre
l’importance de la chose. Pour le prochain "grand classique" consacré au meilleur
chanteur de l’histoire du rock (si, si, j’y tiens !), je vais sans doute me
faire un petit American Recording…
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