dimanche 1 janvier 2012

N°42 THE 13TH FLOOR ELEVATORS – Easter Everywhere - 1967


Attention groupe culte! Pour tout amateur de rock psychédélique, le 13th Floor Elevators fait office de table de lois du genre. Natif du Texas, les membres du groupe étaient des grands amateurs d’acides et autres substances qui ouvrent les portes de la perception, celles qui étaient si chères à Jim Morrison. Rock Erikson, le cramé en chef, était une sorte de Syd Barret ricain, bourré de talent mais très sain d’esprit, qui comme son homologue Anglais fera plusieurs séjours en H.P. Ce qui rend le son du 13th Floor Elevators si particulier, c’est l’utilisation quasi-systématique de la Jar électrique, un instrument fait maison qui émet un glou-glou cosmique du plus bel effet. Le premier effort studio du groupe date de 1966, le fameux « The Psychedelic Sound Of The 13th Floor Elevators », surtout connu pour être le premier disque de rock à utiliser le terme « Psychédélique » dans son titre. C’est également sur cet album que l’on trouve l’unique vrai hit du groupe, le génial « You’re Gonna Miss Me ». Mais penchons-nous sur la seconde œuvre des Texans, « Easter Everywhere », moins réputée mais bien plus aboutie.

Le morceau d’ouverture, « Slip Inside The House » est incroyable, extrême et sans concessions. Ici le psychédélisme se fait noir, très loin de ce qui se tramait au même moment à San Francisco. S’étalant sur plus de huit minutes, ce titre sonne comme une vision musclée du Velvet Underground, et préfigure toute la nouvelle vague psyché des années 2000, du Black Rebel Motorcycle Club au Black Angels. Rarement un morceau psychédélique aura été aussi épique et le groupe ne fera pas mieux, car oui «Slip Inside The House» est définitif, c’est le sommet de l’album, il eut été plus judicieux de le placer en fin de galette. Juste derrière il y a «Slide Machine», plus apaisé, plus pop mais pas moins acéré pour autant. Sur ce deuxième album le groupe fait la part belle aux parties acoustiques, notamment sur la splendide ballade qu’est « Dust». Superbe morceau désabusé, dont la mélodie semble être tombée tout droit du ciel. Comme sur beaucoup de disques de la fin des sixties, il y a sur « Easter Everywhere » une reprise de Bob Dylan. Cette fois c’est au tour de « It’s All Over Now, Baby Blue », ici rebaptisée «Baby Blue», de passer sur le billard ; il en ressort une ballade psyché juste miraculeuse. Le groupe transcende la chanson sans en faire trop, c’est digne du traitement que réservaient les Byrds au répertoire du Zim à la même époque. L’album se clôt sur un «Postures» très soul en forme de gospel lysergique, un véritable rayon de soleil.

Pendant longtemps, la discographie du groupe n’était disponible en compact disc uniquement dans des versions désastreuses. C’est l’horrible label anglais Charly qui était le plus souvent responsable de ces atrocités. Mais depuis ce même label s’est racheté une conduite en sortant de splendides éditions superbement remasterisées. Je vous conseille tout particulièrement « The Albums Collections » regroupant les trois albums studio du groupe ainsi que le faux live d’époque, le tout à un prix tout à fait raisonnable.


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