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jeudi 13 mars 2014

FIN, mais pas vraiment... en fait!

Salut tous, toi lecteur fidèle, toi l'égaré du net ou toi l'amoureux transi de mes mots et de ma prose imparable. Sache que ce blog ne sera plus alimenté à l'avenir. Je ne vais pas m'étendre sur les raisons du pourquoi du comment, pardon? Quoi? J'ai rien dit... passons. La principale raison étant, CETTE FOUTUE COMPRESSION DES IMAGES DE CE SALOPARD DE BLOGGER... hum! Ça va mieux d'un seul coup. 

Là, je vois les larmes te monter aux yeux ami lecteur, mais sèche-les vite car l'aventure continue ailleurs. Quelle belle nouvelle n'est-ce pas? Donc, l'aventure continue, dans un endroit humide et déviant, nommé LA CABANE DÉVIANTE... Un mag culturel sous wordpress qui normalement sera collectif. Tu y trouveras des re-publications des meilleures chroniques d'ici, mais aussi de nouvelles (ben oui, faut bien). Mais pas que musical, non non, il y aura également des romans, de la BD, des films, des créations personnelles (le tout parfaitement rangé et accessible via un menu très bien) et il se murmure même qu'un podcast serait en préparation... C'est pas beau ça?!

Donc, si toi aussi tu es tout excité, clique sur le lien. LIEN!

mardi 25 février 2014

Who You Gonna Call?

Émouvant Fan-art signé TIM.

L'acteur, réalisateur, scénariste et producteur Harold Ramis est décédé le 24 février 2014 à l'âge de 69 ans. Pour toutes les personnes de ma génération (80-90), c'est une autre partie de l'enfance qui fout le camp. Le pack de proton est remisé pour de bon, Ecto-1 ne sortira plus de la caserne et Ghostbusters n'aura plus vraiment la même saveur. 

Repose en paix, Egon. 

samedi 28 décembre 2013

BILAN 2013 - Bonus: une paire d'inclassables

Pour faire suite au Top 10, paru il y a peu et qui établissait le classement des dix meilleurs albums de l'année selon Les Chroniques de Toorsch'. Voici un petit supplément, qui contient deux disques inclassables, un live et une compilation qui ne démérite pas (loin de là) face aux créations originales (albums studios) d'une année désormais moribonde. 


Peut-être l'album que j'ai le plus écouté cette année. En tout point parfait, ce live vous colle du frisson par cargaisons entières. Ryland Cooder est sans doute le musicien le plus mésestimé par le grand public de l'histoire du rock. Guitariste slide admirable, musicien du monde, génial créateur de bandes-originales, l'homme n'est pas des plus faciles à suivre, mais c'est toujours un bonheur. Un peu comme si l'on trouvait le Graal plusieurs fois d'affilée. Alors quand le type décide de publier un nouvel album live près de trente ans après Showtime, son précédent enregistrement en public, il y a de quoi se réjouir. 

Live In San Francisco est un chef-d'oeuvre du genre, en toute objectivité, nous sommes ici en présence de l'un des meilleurs albums live jamais gravés. Le son est dément, la prestation grandiose, le choix des morceaux frise la perfection, le seul défaut de ce disque est de ne pas être double. Pour tout dire, avant de l'écarter du Top 10, j'ai longtemps songé à lui offrir la première marche du podium...


Pour des raisons évidentes de temporalité, je ne pouvais décemment pas inclure cette compilation pourtant parue durant l'année dans le précédent palmarès. 

Cosmic Machine est un voyage temporel vers une époque où la science-fiction faisait partie intégrante d'un certain type de musique électronique. Cela peut paraître désuet ou cheap pour une paire d'oreilles du nouveau millénaire, mais c'est un régal de tous les instants, qui se savoure comme on parcourt une bonne vieille bande-dessinée de science-fiction naïve. D'ailleurs l'illustrateur de la couverture n'est autre que Philippe Druillet, dessinateur ayant œuvré pour Métal Hurlant, la boucle est bouclée.

Si les spécialistes ou les puristes ne trouveront rien de bien original à se mettre sous la dent, les autres se délecteront de ces pièces synthétiques presque toutes extraordinaires. De plus que ce soit en vinyle ou compact-disc, l'objet est carrément beau, ce qui ne gâche rien...

Voilà, c'est tout pour cette année, je vous donne rendez-vous en l'an 14 pour de nouvelles aventures...

lundi 16 décembre 2013

TOP TEN : Bilan 2013

Quand arrive l'heure du bilan, il est bien difficile de trancher, de savoir quel disque est plus valable qu'un autre pour figurer dans son petit palmarès personnel. Les magazines spécialisés ont déjà tous dégainé leurs top machin via les réseaux sociaux, avec des choix qui n'appartiennent qu'à eux, mais qui tendent tout de même vers une certaine uniformité. Un consensus faisant la part belle à Kanye West et autre Daft Punk, en passant même par une certaine Miley Cirus (n'est-ce pas Rolling Stone U.S?), c'est pas la joie... Donc, sans plus attendre voici le top dix des Chroniques de Toorsch', un bref bilan de l'année passée.


10 - JACQUES HIGELIN - Beau repaire

L'autre grand Jacques nous est revenu cette année avec un album plus nuancé, plus acoustique et très beau. Dans la veine de son "classique" Tombé du ciel. Un bon cru.

09 - AGNES OBEL - Aventine

Un second album sans prise de risque, mais toujours magnifique. Peut-être moins immédiat que le premier opus, mais la magie opère toujours. Agnes poursuit sa route de bien jolie façon.



08 - THE WARLOCKS - Skull Worship

Près de cinq années de silence séparent Skull Worship de son prédécesseur, mais le résultat est là. Nous sommes en présence d'un album de psychédélisme noir absolument divin.


07 - UNCLE ACID & THE DEADBEATS - Mind Control

Avec ce troisième disque, les anglais passent à la vitesse supérieure, peaufinant et affûtant leur art. Ils se posent désormais en dignes héritiers de Black Sabbath.



06 - I AM KLOOT - Let It All In

Certes Let It All In n'est pas le meilleur album du groupe, mais il possède tout de même cette petite touche magique qu’insuffle I am Kloot dans chacune de ses oeuvres. Il mérite amplement sa place dans le top.


05 - PSYCHIC ILLS - One Track Mind

Voici un disque redoutable, à la fois doux et féroce. De la grande musique psychédélique en tout point parfaite. Good trip assuré!



04 - BOMBINO - Nomad

Pour l'enregistrement de son deuxième album à l'internationale, Bombino s'est envolé pour les Etats-Unis, et avec Dan Auerbach aux manettes, le résultat ne pouvait qu'être grand. Et il l'est.


03 - THE BLACK ANGELS - Indigo Meadow

Quatrième long-jeu pour les anges noirs texans et c'est un sans-faute. Indigo Meadow est sans aucun doute l'oeuvre la plus éclectique du groupe à ce jour. Il est désormais loin le temps de la lourdeur et des drones, la pop a désormais droit de cité chez les Black Angels, et c'est tant mieux.



02 - RACHID TAHA - Zoom

Pas loin d'être le meilleur album du mec. Zoom est riche de nuances et de cultures. Un métissage de chaque instant pour une musique à la beauté sans égale. Il aurait pu se hisser sur la première marche du podium si...


01 - BLACK JOE LEWIS - Electric Slave

...si Black Joe Lewis n'avait pas sorti ça! Electric Slave ou le disque qui tabasse au delà de l’imaginable. D'album en album Black Joe ne fait que s'améliorer, s'en est même effrayant. Bref, le disque de l'année des Chroniques de Toorsch'.
(pour toute réclamation, passez par la case commentaires)

mardi 12 novembre 2013

Renaud, pourquoi d'abord? 75-95


Depuis longtemps Renaud nous a laissé tomber (ou béton, c'est selon), le salaud, il a baissé les bras pour partir se réfugier dans les jupons de la fée anisée, cette salope. Longtemps, je lui en ai voulu, je n'écoutais plus ses disques, trop de mépris et de trahison. Et pourtant, depuis un petit moment déjà, je réhabilite, je redécouvre l'homme et son oeuvre avec le plaisir des premiers jours, le doux parfum des premières fois. C'est que le gars a bercé mon adolescence, ses albums ont rythmé ma vie de jeune homme cherchant des causes à porter avec la démagogie entière et forte de l'ignorant. Bien sûr Renaud est manichéen, mais ce reproche trop souvent entendu n'en est pas un, car il l'est avec la droiture du cœur, l'aplomb du poète et la faiblesse de l'homme. Gavroche, loubard, tendre ou alcoolique, le Renard endosse chaque rôle à l'extrême et jusqu'à l'épuisement. Malheureusement, celui du soiffard a la peau dure, il a eu raison de son inspiration et très probablement de sa vie. Renaud s'est fait dévorer par le Renard, tout comme Gainsbourg par Gainsbarre, cet exemple-étalon tout autant pathétique. Gainsbarre, le monstre de foire ou Renard l'alcoolo solitaire hibernant dans sa tanière, refuge d'un éternel hiver; les deux sont tristes à pleurer. Eh Renaud, pourquoi d'abord tu joues au con? 

Allez en souvenir du bon vieux temps, et des larmes pleins nos bières, nous allons voyager ensemble de Paname à la Belle de Mai. Un bien joli parcours, une épopée longue de vingt ans et lourde d'une dizaine d'albums studio, tous de qualité.


1975 - "Amoureux de Paname"

Un premier album encore très hésitant, mais qui contient tout de même son lot de titres forts dont le légendaire brûlot "Hexagone". Au rayon des bonnes choses on retiendra également "Société, tu m'auras pas!" ou encore "Amoureux de Paname", une étrange charge anti-écolo à l'opposée des convictions futures du chanteur énervant. Gageons qu'il ne s'agisse que de provocation gratuite et puérile. Sur ce premier disque Renaud joue encore un rôle de composition de chanteur réaliste, "La java sans joie" ou "Le gringalet", tout cela fleure bon les influences mal digérées. Le loubard causant le verlan n'a pas encore fait son apparition, le blouson de cuir non plus. "Amoureux de Paname" n'est pas un indispensable, mais malgré sa production hasardeuse et son écriture manquant encore souvent d'assurance, il mérite qu'on y prête une oreille attentive. 

1977 - "Laisse béton" ou Place de ma mob'

C'est ici que les choses sérieuses commencent, avec ce deuxième album, Renaud trouve enfin le ton qui va faire sa gloire. La mob', le cuir, les Santiags et le verlan, autant d'ingrédients qui s'inscriront durablement dans l'ADN du chanteur. Le disque s'ouvre avec le tube "Laisse béton", une fresque de la loose superbement bien écrite et rondement menée. L'album contient également la très belle "Chanson du loubard" écrite en partenariat avec Muriel Huster ou encore "Les charognards", un morceau d'une noirceur abyssale qui raconte l'histoire vraie d'un braquage qui tourne mal. Dans un autre registre, Renaud nous offre aussi quelques chansons non dénuées d'humour telles que "Germaine" ou "Mélusine". En douze morceaux et quelques trente-cinq minutes Renaud entre avec fracas dans la cours des grands, le succès est enfin au rendez-vous.


1979 - "Ma Gonzesse"

En 1979 Renaud publie un troisième album plus tendre, moins énervé et pour tout dire, un peu en-dessous. Loin d'être mauvais "Ma Gonzesse" pêche tout de même par son manque de titres forts. Il y a bien sûr "Chanson pour Pierrot" ou encore "Ma gonzesse" qui deviendront des classiques du répertoire live du chanteur. Mais à côté de cela, "Chtimi Rock" ou "Sans Dec'" donnent un peu dans le remplissage, ces titres plus faibles demeurent tout de même très agréable, malgré un réel manque d'envergure. L'écriture s’affine encore un peu sur "La tire à Dédé", un portrait à la fois concis et complet, drôle et émouvant, violent et tendre. Du Renaud dans toute sa splendeur. 

1980 - Marche à l'ombre

Renaud entre dans les eighties avec un album teigneux jusqu'au bout des ongles, qui débute avec la chanson-titre, une sorte de remake inversé et énervé de "Laisse béton". Le succès va grandissant; l'expression "Marche à l'ombre" entrera elle aussi dans le langage courant. Autre marlou, autre climat, voici que débarque Gérard Lambert, le Hell's Angel maudit; dans ce morceau, Renaud abat le quatrième mur et s'offre le rôle du petit prince du bitume, hilarant. Nouvelle fresque sociale avec "Dans Mon H.L.M", qui confirme encore un peu plus les talents de portraitiste du chanteur énervant. Au travers de la faune d'une cage de béton, Renaud dresse un joli panorama de la société française d'alors. Avec "Où c'est que j'ai mis mon flingue?" le loubard dézingue tout ce qui bouge: flics, bourgeois, journalistes, politiques et même le show-biz, tout le monde y passe et c'est bien fait pour leurs gueules de cons! Qu'il est bon de tirer à vue parfois. Marche à l'ombre reste encore aujourd'hui l'un des albums les plus aboutis Renaud.


1981 - Le retour de Gérard Lambert

Dans la continuité de Marche à l'ombre, le chanteur énervant publie Le retour de Gérard Lambert en 1981. L'album se veut plus varié que son prédécesseur, la sonorité est également plus marquée par les années 80. "Banlieue Rouge" dépeint le portrait d'une vie ordinaire baignant dans l'ennui banal d'une banlieue terne, grise avant d'être rouge. Le semi-autobiographique "Manu" raconte déjà la peine et la fausse consolation que l'on trouve dans l'alcool, mais toujours avec l’espoir et l'envie de combattre. La résignation n'est pas encore à l'ordre du jour. Le très cinématographique "Retour de Gérard Lambert" apporte un peu de légèreté et d'humour ciselé en guise d'air frais. Entre un hommage à son grand-père du côté maternel ("Oscar"), une chronique anti-dope ("La Blanche"), une autre anti-cons ("Mon beauf'"), Le retour de Gérard Lambert ne manque pas de moments forts ni de variété.  

1983 - Morgane de toi

L'album de la maturité, celui par qui le succès devient réellement colossal, peut-être même trop pour le communiste Renaud. Après avoir pris le large à bord de son propre bateau, le loubard au cœur tendre regagne la terre ferme avec dans sa besace une série de chansons absolument géniales. Avec "Morgane de toi" ou "En Cloque", c'est le Renaud père de famille qui parle, un homme nouveau, un homme plus tendre. "Dès que le vent soufflera" quant à lui, est le récit du fameux périple raté sur les océans du globe; un autre classique immédiat. Toujours engagé, le Séchan ne cesse de prendre partie pour diverses causes telles que l’intégration ("Deuxième génération"), ou l'écologie et le service militaire ("Le déserteur"). "Près des autos-tamponneuses" prouve que que le chanteur n'a rien perdu de son humour si particulier, plus british que franchouillard. Morgane de toi est le premier album de Renaud à dépasser le million d'exemplaires vendus. 


1985 - Mistral gagnant

Le succès toujours grandissant, Renaud publie l'album Mistral gagnant tout en fêtant ses dix ans de carrière, c'est également son premier disque pour la major Virgin. Enregistré en partie aux États-Unis, cet opus se veut plus dans l'air du temps soniquement parlant. Ainsi les rock lourds, tels que "Fatigué" ou "Si t'es mon pote", ont plutôt mal vieilli malgré leurs qualités intrinsèques. L'album est porté aux nues via son morceau-titre, peut-être la chanson la plus connue du chanteur. Une fable empreinte d'une forte nostalgie de l'enfance disparue, doublée d'une déclaration d'amour à sa fille Lolita. Avec "Miss Maggie", c'est le Renaud vachard qui fait son grand retour en fustigeant violemment mais intelligemment Margaret Tatcher. Les anglais ne goûteront que très modérément l'humour acerbe de notre trublion national. Une nouvelle fois, Renaud prendra la défense de l'enfance corrompue par l'adulte au travers de "Morts les enfants", un titre dur et sans concessions. Agitateur de conscience le Renard...

1988 - Putain de camion

Coluche est décédé, les illusions rouges sont mortes de leur belle mort, c'est la fin de la parenthèse enchantée pour Renaud. "Lolita n'a plus de parrain, nous on n'a plus notre meilleur copain...", ces paroles résument assez bien le climat régnant, l'ambiance n'est plus à la fête. Putain de camion, l'album ne rencontra pas la même gloire auprès du public que les deux précédents, la faute sans doute à une production médiocre et des chansons globalement moins bonnes. Hommage en noir et blanc au vieux Paris de Robert Doisneau avec le splendide "Rouge-Gorge"; hommage toujours, mais à Johnny Clegg cette fois, via le très engagé "Jonathan". Sur ce disque Renaud se tourne définitivement vers le monde et plus particulièrement vers l'Afrique, il profite également de son brûlot sombre "Triviale Poursuite", pour rendre à son tour honneur a Nelson Mandela.


1991 - Marchand de cailloux

Sonorités irlandaises ou plus éthérées, c'est un Renaud métamorphosé qui revient en cet automne 1991. Si le chant est plus posé et la musique plus naturelle, le fond lui est toujours aussi engagé. Un engagement qui désormais prend des allures plus poétiques et imagées. "L'aquarium" en est un bel exemple, Renaud y fustige tous les preneurs de têtes, mais avec malice et intelligence. La récurrente nostalgie de l'enfance fait elle aussi son grand retour, "Les dimanches à la con" raconte l'ennui des fins de semaines et l'angoisse des lundi d'école. Basé sur traditionnel irlandais, mais aussi sur une chanson de Bourvil, "La ballade Nord-Irlandaise" traite de l'éternelle guerre religieuse qui gangrène le vert pays de la Guiness. Il y a aussi sur ce disque un vibrant hommage à Mitterand et un autre moins vibrant au Paris-Dakar. Marchand de cailloux est un album finalement assez méconnu, qui mérite pourtant d'être redécouvert.

1994 - A la Belle de Mai

Encore moins réputé que le précédent ("seulement" 600.000 exemplaires vendus, soit l'un des plus mauvais scores de la carrière du chanteur), A la Belle de Mai est à mon sens le meilleur album de Renaud. Musicalement plus abouti, poétiquement plus poétique, cet opus mérite sa place au panthéon de la musique d'ici. "La ballade de Willy Brouillard", "Le sirop de la rue" ou "Son bleu", rien que du sublime, Renaud a pour l'occasion des ses quarante printemps, trempé sa plume dans la plus belle des encres. L'album se clôt sur un pamphlet antimilitariste nommé "La médaille". Cette chanson créa une nouvelle fois la polémique suite à sa diffusion sur France-Inter, l'ASAF (Association de Soutien à l'Armée Française) porta plainte contre la radio jugeant les paroles trop offensantes. Une offense bien méritée et menée sans la moindre vulgarité qui plus est. Du grand art.

Pour "La médaille" et tout le reste, Renaud laisse pas béton...

mardi 29 octobre 2013

Tribute Bands ou pas?


J'ai déjà exprimé ici tout le mal que je pense des Tribute Bands, ces Canada Dry de la musique. En fait, plus que les groupes eux-mêmes, probablement très talentueux, c'est le concept qui me gêne. Autant j'aime l'art de la reprise, autant celui de l'imitation me reste en travers de la gorge. Je ne comprends pas. Mais en relisant un vieux Rock & Folk, j'ai eu un semblant de réponse au pourquoi de cette mascarade branchée sur des amplis Marshall (peut-être des imitations d'ailleurs). L'argument principal de l'article est qu'en temps de crise, les Tribute Bands permettent d'avoir sa part de rock 'n' roll sans trop se ruiner. Il est vrai que les concerts des Stones ou d'Ac/dc, en plus d'être rares, sont relativement onéreux. L'argument tient bien la route. Oui mais voilà, cela revient à boire une sous-marque de Coca Cola qui vous troue le bide, faute de moyen financier. A ce tarif, je préfère rester à l'eau; c'est-à-dire écouter mes cd et mes vinyles. Pas fou.

Mais cette conclusion un peu hâtive ne peut se montrer satisfaisante. Car à bien y réfléchir, l'alternative des Tribute Bands n'est pas si bidon. Ses mecs qui singent Aerosmith, Led Zep ou encore les Guns, sont à la base des passionnés qui vivent leur truc et qui fatalement, partagent cette dite passion avec le public. Un public souvent conscient de ce pourquoi il est présent; personne n'est dupe. Je pense sincèrement qu'il est possible de passer un bon moment, voir même d'assister à un putain de show rock à ce genre d’événement. Juste du plaisir, pas de prise de tête. L'essentiel en somme. Mais encore une fois, je préfère de loin aller voir des concerts de "petits" groupes tout autant passionnés et originaux, eux!   

Derniers arguments en faveur des imitateurs, la qualité de jeu et le professionnalisme. Il me semble évident qu'un Tribute Band de Guns & Roses offrira un meilleur show qu'Axl Rose et ses Guns MarkII, cette prétentieuse parodie dégueulasse et kitsch... Pour en finir, même si je pense ne jamais foutre les pieds dans l'un de ces faux Barnum, je conçois aisément qu'on puisse apprécier la chose, et j'accepte son utilité, ou pas... J'ai beau faire, je n'y arrive pas, je n'aimerai jamais ce truc. Bien entendu, certains anciens vous diront que cela permet de revoir les Beatles ou Johnny Cash sur scène, et par la même occasion, retrouver un peu de leur jeunesse perdue, mouais. Le seul moyen viable de revoir des légendes décédées en concerts serait d'inventer une machine à voyager dans le temps...

Conclusion (qui n'appartient qu'à moi): une Delorean volante oui, les Tribute Bands non!

dimanche 8 septembre 2013

Blue Moon & Other Killer Lullabies

Pour un gamin, regarder un film fantastique ou d'horreur est une des choses les plus merveilleuses et délicieuses qui soient. Le grand frisson ou comment braver l'autorité parentale pour se lancer à corps perdu dans les mondes de l'imaginaire. Bien avant d'atteindre mes dix printemps, j'en avais déjà vue de la bobine pleine de frisson et de suspense. Des classiques du genre aux oeuvres les plus tartes, je dévorais littéralement de la V.H.S non appropriée à mon jeune âge avec la plus grande délectation possible. Le parfum de l'interdit. La frontière entre réalité et fiction étant une notion plutôt floue pour un enfant, il n'était pas rare qu'une projection malheureuse se termine en nuit blanche. Les yeux grands ouverts et les feuilles en éveil, je guettais le moindre bruit suspect et la plus petite ombre vagabonde. Mais c'était de la bonne peur, de celles qui activent l'imagination et plus tard la création. 

Un bon film d'horreur se démarque par son ambiance, une parfaite corrélation entre le son et l'image est par exemple primordiale. Ne pas tout montrer au spectateur l'est tout autant, la suggestion étant l'un des moteurs principaux du genre, une profusion de gore n'a jamais fait un bon film, l'abus de jump scare non plus. Ceci est un message aux créateurs actuels qui usent et abusent de cette navrante ficelle: un jump scare ne fait PAS peur, c'est juste ÉNERVANT! Apprendre à créer une ambiance est la base de tout. Mais là n'est pas le sujet, comme nous sommes sur un blog musical, passons en revue quelques glorieux exemples de symbioses entre image et son.

An American Werewolf In London est un modèle du genre. Puisque le film traite de loup-garou, pourquoi ne pas utiliser uniquement des chansons ayant un rapport direct avec la lune? Cela peut paraître basique voir même logique, mais personne n'y a songé avant John Landis pour ce film, qui pourtant date de 1981... L'ouverture du Loup-garou de Londres (titre français du film) est d'une beauté saisissante, alors que résonne "Blue Moon" interprété Bobby Vinton (la plus belle version de toutes), le réalisateur se contente d'aligner des plans séquences des brumeuses landes anglaises plongées dans un éternel automne. Trois minutes de générique absolument démentielle, qui à elles seules posent une grosse partie de l'ambiance du film, brillant. Le fait que John Landis utilise cette version plutôt qu'une autre lors de l'ouverture prend réellement tout son sens lorsque débarque le générique de fin. En effet, pour accompagner ce dernier, le réalisateur a choisi ce même titre, mais exécuté par The Marcels dans une version Doo-wop au tempo rapide et enjoué. D'autant plus dément que celle-ci tombe comme un cheveu sur la soupe après un climax d'une tristesse absolue. Un modèle du genre vous dis-je! Depuis ma plus tendre enfance, chaque fois que j'entend "Blue Moon" je pense au Loup-garou de Londres, qui pour moi demeure encore aujourd'hui le meilleur film jamais créé sur le sujet; et aussi une preuve que les effets spéciaux numériques ont fait beaucoup de mal au genre. John Landis réalisa également les Blues Brothers ainsi que le clip de "Thriller" pour Michael Jackson, inégalé lui aussi.

Cette manie d'utiliser un matériau musical issu du répertoire populaire se démocratisa réellement dans le septième art durant les années 80. Bien que cette pratique fut initiée vers la fin des années 60 lors de l’émergence du Nouvel Hollywood, avec des cinéastes tels que Martin Scorsese ou Dennis Hopper. Dès lors, la bande originale d'un film est également devenue l'occasion pour un réalisateur de nous faire part de ses goûts musicaux. Quentin Tarantino pour ne citer que lui, en a d'ailleurs fait sa spécialité, ses longs-métrages sont gavés de morceaux plus ou moins populaires et parfois même empruntés à d'autres films; une sorte de double hommage. Il offrira même une seconde jeunesse au "Misirlou" de Dick Dale, devenu depuis un tube planétaire. Les Black Eyed Peas, ces chiens galeux, le sampleront sans scrupules pour leur infâme "Pump It!", c'est vous dire la popularité de la chose. Dans un autre registre, Roy Orbison connaîtra une gloire posthume grâce au film Pretty Woman, qui propulsera à nouveau la chanson éponyme au sommet des charts près de vingt-cinq ans après sa parution initiale. Sans parler de la b.o d'American Graffiti de George Lucas qui générera carrément un revival pour la musique des glorieuses années 50.

Quand des artistes de rock ou d'autres genres musicaux s'improvisent compositeurs de bandes-originales, le résultat n'est pas toujours heureux. Tout le monde garde en tête le cuisant échec de Queen sur Flash Gordon. Une bouillie sans réelle direction artistique, comme le film en fait... Cela voudrait-il dire que cette b.o est une réussite et que les membres de Queen savaient où ils allaient? Peu probable. Dans d'autres cas, l'oeuvre musicale sublime le film et peut même exister sans ce dernier, celle de Paris, Texas par Ry Cooder en est un exemple frappant. Le disque s'écoute sans peine comme un album à part entière du guitariste et non comme un accompagnement du long-métrage. C'est peut-être ça le secret d'une bande-originale réussie, la capacité d'exister par elle-même. Les pièces symphoniques de John Williams ou Alan Silvestri y arrivent sans mal, et ce malgré l'impact colossal des films qu'elles illustrent (Star Wars, Back To The Future). J'entends par là qu'elles peuvent être jugées sur pièce et de manière indépendante sans perdre de leur superbe. Tout comme les oeuvres minimalistes et electro de Giorgio Moroder ou de John Carpenter. A contrario une bande-son qui sert parfaitement un film sans pour autant s'épanouir seule n'en demeure pas moins une réussite.

De manière générale, c'est le cinéma de genre qui génère les plus belles musiques, ou du moins les plus mémorables. Qu'il utilise des pièces toutes faites ou créées spécifiquement pour l'occasion, le résultat est souvent dantesque. "Tubular Bells" pour l'Exorciste, le "Main Title" des Griffes de la nuit ou encore les classiques d'Ennio Morricone, tout cela on le doit au cinéma de genre. Peut-être est-t'il plus apte à créer des libertés, ou simplement plus inspirant. Plusieurs exemples récents abondent dans ce sens, la trilogie du Seigneur des anneaux ou encore celle de Dark Knight. De franches réussites à l'heure des soundtracks lisses et interchangeables.

lundi 26 août 2013

ALICE COOPER GROUP - Soulèvement et effondrement- 1969-1973

Avant de devenir l'icône que l'on sait, Alice Cooper était en fait un groupe composé de Glen Buxton à la guitare lead, de Michael Bruce à la guitare rythmique, de Dennis Dunaway à la basse, de Neal Smith à la batterie et enfin de Vincent Furnier alias Alice Cooper au chant. C'est de cette époque en équipe que naîtra quelques uns des meilleurs albums du prince du Shock-rock. Des disques qui jouiront d'une reconnaissance à la fois critique et publique. Mais avant d'accoucher de chef-d’œuvres à la chaîne, le groupe peinera un peu au démarrage. En cinq ans et sept albums, voici l'ascension fulgurante et la chute terrible d'une formation hors-norme.

PRETTIES FOR YOU - 1969 / EASY ACTION - 1970


Les deux premiers disques du groupe furent publiés chez Bizarre Records, un label de Frank Zappa. Mais force est de constater que celui-ci ne débloquera pas de grands moyens pour les enregistrements de ces derniers. Sans doute ne croyait-il pas vraiment en ce combo soniquement bancal et visuellement peu attrayant. Pretties For You, le premier album qui parait au mois d'août 1969, est une suite de pièces psychédéliques plus ou moins construites et mal maîtrisées. Les cinq compères déploient une belle énergie, mais celle-ci n'étant pas du tout canalisée, le résultat est au mieux brouillon, au pire foireux. Malgré une production plus que chiche, et des compositions hasardeuses, il échappe de cette première oeuvre un doux parfum de liberté. Aucun des éléments qui feront le sel des albums suivants n'est présent ici, si ce n'est peut-être au travers de "Reflected", l'embryon du futur "Elected". Easy Action, quant à lui, est un cran au-dessus, sans toutefois casser la baraque. Il n'empêche que le son gagne en clarté et les compositions en solidité. On y décèle ici et là quelques uns des éléments qui feront la gloire future du groupe, mais encore noyés dans un tourbillon arty. La voix d'Alice est également plus posée, il établit ici les bases de la théâtralité à venir. Tout cela est encore embryonnaire, mais laisse entrevoir un avenir brillant. Et ce sera le cas!  

LOVE IT TO DEATH - 1971 / KILLER - 1971


Bob Ezrin entre dans la partie, le jeune producteur offrira enfin au groupe LE son qui lui faisait tant défaut. Love It To Death n'est pas qu'une simple évolution, c'est une révolution. Avec cet album Alice Cooper s'en va combattre dans une toute autre catégorie. Encore dans le giron de Frank Zappa, mais presque émancipés, le Coop' et sa bande semblent finalement avoir trouvé leur patte. "I'm Eighteen" ou "Is It My Body" sont des tubes, leur thématique est très proche des préoccupations adolescentes, le public visé. Car Alice Cooper fait peur, de par sa dégaine dégueulasse et ses chansons aux paroles bizarres, du pain béni pour les ados en conflit avec leurs vieux. Même les Rolling Stones n'ont jamais suscité pareille aversion, c'est dire. "Black Juju" ou "Ballad Of Dwight Fry" laisse enfin s'exprimer la théâtralité si légendaire du groupe, et la mise en scène est grandiose. Love It To Death est le premier album essentiel d'Alice Cooper. La même année parait Killer, un concept-album sur la mort qui pousse encore plus loin toutes les idées effleurées précédemment. Toujours produit par Ezrin, comme ce sera le cas jusqu'à Billion Dollars Babies, Killer est le grand oeuvre morbide d'Alice Cooper. La chanson "Desperado" est un hommage à Jim Morrison décédé la même année et occasionnel compagnon de beuverie de Vincent Furnier. Avec ce disque le succès va crescendo et les scandales aussi. Alice Cooper sera censuré dans plusieurs pays et le morceau "Dead Babies" fera son petit effet. Certains extrémistes bas du front iront même jusqu'à brûler des albums du groupe. L'un dans l'autre, cela fait fonctionner le business.

SCHOOL'S OUT -1972 / BILLION DOLLARS BABIES - 1973


En juin 1972, le groupe sort School's Out, un disque plus pop, oscillant entre glam rock, jazz et music-hall. Assagi mais pas moins intéressant et surtout, toujours aussi divinement produit et arrangé. La patte Ezrin, une fois de plus. Alice Cooper prétend avoir trouvé les thèmes de cet album en se faisant une petite après-midi télé, zappant de chaîne et chaîne. "Gutter Cat Vs. The Jets" et "Luney Tunes" abondent dans ce sens. La première est un hommage à la comédie musicale West Side Story tandis que la seconde est un jeu de mots en rapport avec les Looney Toons, le dessin animé de la Warner. Par bien des aspects, School's Out reste l'album le plus accessible de l'histoire du groupe. Mais tout ceci n'est rien en comparaison à ce qui suit, le bien nommé Billion Dollars Babies, l'album de tous les records. Une des meilleurs ventes de l'année 73 et de toute la décennie, le climax de la carrière de l'Alice Cooper Group. La qualité du disque est à la hauteur de son succès, en clair, depuis Love It To Death, la formation n'a fait que progresser. Une fois de plus, les tubes ne manquent pas, "No More Mr.Nice Guy", "Elected" ou encore "Generation Landside", sans oublier la chanson-titre, qui jouit de la présence de Donovan au chant. Que du lourd. Dick Wagner et Steve Hunter, les futurs compagnons de jeu de Cooper en solo posent aussi quelques guitares ici et là. Une édition deluxe de Billion Dollars Babies est parue chez Rhino en 2001, augmentée d'un second cd rempli de bonus épatants. Ce qui en fait le seul album du groupe dignement réédité à ce jour.

MUSCLE OF LOVE - 1973


Après quatre années toujours sur la corde raide, à forcer sur la gnôle et d'autres paradis artificiels, il fallait bien que tôt ou tard, les choses partent en sucette. La dégringolade se nommera Muscle Of Love, un retour sur terre, tant pour les membres du groupe que pour les fans. L'absence de Bob Ezrin à la production se fait durement sentir, les arrangements ne sont pas toujours heureux, et du coup les chansons perdent pas mal de leur mordant. Une fois cela pris en compte, il est toutefois clair que l'album ne mérite absolument pas la mauvaise réputation qu'il se traîne depuis près de quarante ans. Loin d'être aussi raté qu'on le dit, son seul défaut est de ne pas être au niveau de ses illustres aînés. Car les bons morceaux ne manquent pas, tel que le folkeux "Teenage Lament '74" ou encore le jazzy "Crazy Little Child", ce n'est clairement pas de la piquette. Pour la petite anecdote, "The Man With The Golden Gun" se nomme ainsi en rapport avec le James Bond du même nom. A l'époque, en fin de générique de chacun des films mettant en scène l'agent 007, on pouvait lire le titre du prochain opus. Alice étant un grand fan de la saga, et voyant que le prochain long métrage se nommerait "The Man With The Golden Gun", il se mit en tête d'en écrire le générique, pensant naïvement que les producteurs de la série se jetteraient dessus. Mais il n'en sera rien, car ceux-ci ne voulant pas voir leur franchise associée à Alice Cooper, déclineront l'offre. La chanson fut tout de même conservée et incluse à Muscle Of Love.

Après ce semi-échec, les compagnons décideront de faire une petite pause. Un break qui mutera en trahison et verra Alice Cooper le groupe se transformer en Alice Cooper l'homme. Le reste, comme on dit, appartient à l’histoire.

mardi 20 août 2013

ALICE COOPER - Le temps des métamorphoses - 2000-2011

Rappel de l'épisode précédent. Nous avions laissé Alice Cooper en 1994 au moment de la parution de The Last Temptation, un album génial. Avec cet opus, le prince du shock-rock abandonnait enfin son hard de pacotille trop typé 80's pour voguer vers des océans plus noirs. Un véritable électrochoc bourré de bonnes compositions, un retour salvateur au concept album avec un nouveau tueur et même un comic book. Bref, cela laissait entrevoir une gigantesque tournée ainsi qu'une relance artistique de la carrière du monsieur. Mais il n'en sera rien. Pas de gros show à l'horizon et la relance attendra, puisqu'il faudra patienter six longues années pour enfin voir débarquer le successeur de The Last Temptation, six rotations autour du soleil et une métamorphose. Brutal Planet sera sombre, industriel et dépourvu d'horreur grand-guignol. 

BRUTAL PLANET - 2000 et DRAGONTOWN - 2001 - Le diptyque noir 


La chose remarquable depuis le début du nouveau millénaire, c'est que les disques du Coop' semblent fonctionner par paires. Une nouvelle mutation tous les deux albums, j'ajoute que cela est vérifiable jusqu'au tout dernier: Welcome 2 My Nightmare. A chaque fois, le modèle est le même, le second opus de chaque diptyque est plus ouvert, plus varié, il nous prépare à la métamorphose à venir. Pour l'heure, Brutal Planet et Dragontown lorgnent vers le metal industriel, Alice semble à son tour s'inspirer de Marylin Manson (un juste retour des choses). Car en six ans, les goûts du public ont changé, et l'indu est très à la mode en ce début de décennie. On aurait pu craindre le pire, car le Coop' semble vouloir surfer sur la vague, comme jadis avec le Hard FM de Constrictor et compagnie. Mais il n'en est rien, car la qualité est bel et bien au rendez-vous. Sans être un chef-d'oeuvre, Brutal Planet demeure un album de haute tenue. Bien sûr, le son monolithique et massif typique de l'époque a déjà beaucoup vieilli, mais les nouvelles chansons sont diablement bien écrites. Les textes sont d'une noirceur abyssale et jamais Alice n'aura été aussi sarcastique. Il nous offre une vision finalement assez juste de ce que seront les glorieuses années zéro. En dehors du fait de dépeindre un monde quasi post-apocalyptique, Brutal Planet délivre aussi quelques portraits pour le moins glauques. De la femme battue de "Take It Like A Woman" au freak néo-nazi de "Wicked Young Man", tout ici est puissant. De plus, l'emploi régulier du JE ajoute beaucoup au côté dérangeant de l'affaire.

Dragontown est le jumeau de son prédécesseur, creusant le même sillon, mais jouissant d'une plus grande variété et d'une production plus claire. Même si au final, celui-ci s'avère être un cran en-dessous. La faute à quelques compositions un peu trop banales et manquant grandement de rythme et d'inspiration. Mais dans sa majeure partie, Dragontown se tient plutôt bien. La filiation entre les deux albums s'explique également par le fait qu'ils se situent dans le même monde. D'après son créateur, Dragontown est la ville la plus violente de Brutal Planet, un concept fort, encore une fois. Alice est un grand portraitiste macabre, "Fantasy Man" et "Sister Sara" en témoignent. Le premier est une réminiscence white trash de "Wicked Young Man" tandis que le second se pose en remake glauque de "Nurse Rozetta", une figure marquante de l'album From The Inside datant de 1978. Mais déjà le croque-mitaine s'apprête à changer de forme.

THE EYES OF ALICE COOPER - 2003 et DIRTY DIAMONDS - 2005 - Retour aux sources


Virage à 180° avec The Eyes Of Alice Cooper, fini le metal industriel et retour aux fondamentaux du rock basique et pas prise de tête. La noirceur qui hantait les précédentes livraisons disparaît elle aussi au profit de purs moments de rigolade et d'horreur décomplexé et fun. C'est un fait, Alice regarde dans le rétroviseur, mais c'est un coup d’œil salvateur. On retiendra surtout "What Do You Want From Me", "Novocaine" ou encore "Detroit City", un vibrant hommage à cette ville si particulière qui aura vu naître le MC5 et les Stooges (entre autres). The Eyes Of Alice Cooper, tout comme Dirty Diamonds, est un album immédiat, enregistré quasiment live in studio dans l'urgence et l'énergie du moment.

Dirty Diamonds justement, est un des meilleurs disques du Coop'. Plus ouvert et mieux fichu que le précédent, celui-ci renferme des compositions d'une qualité redoutable. Du rock simple et efficace avec "Woman Of Mass Destruction" ou "Perfect", de la ballade vaudou grâce à l’inénarrable "Zombie Dance" et aussi un hommage à peine dissimulé aux Black Sabbath période Paranoid, via le vibrant morceau-titre. De plus, l'album contient "The Saga Of Jesse Jane", une ballade country & western travelo absolument incroyable. Alice Cooper y chante comme jamais, à la manière du Iggy Pop crooner de ces dernières années, mais en bien. Dirty Diamonds est l'aboutissement du trip rétro d'Alice et encore une fois, il annonce une nouvelle mutation.

ALONG CAME A SPIDER - 2008 et WELCOME 2 MY NIGHTMARE - 2011 - Concept(s)


La grande passion du Coop' a toujours été les albums concept, souvent horrifiques, bardés d'épouvante pulp dans la plus grande tradition américaine. Along Came A Spider signe le grand retour de la chose dans la discographie du maître. Encore une histoire complètement barrée, celle d'un serial killer qui découpe des corps de femmes pour créer une araignée géante, rien que ça! Mais qui est ce tueur, Steven? Certains détails laissent imaginer que le petit garçon de Welcome To My Nightmare a mal tourné. Musicalement, le projet sonne très hard rock typé 80's, mais étrangement, c'est une franche réussite. Les onze titres sont plutôt efficaces, ça déboulonne comme une bonne série B, l'équivalent sonique d'un Slasher à l'ancienne. Un bon cru.

Le voici enfin, le projet tant attendu, dans les cartons depuis plus de vingt ans. La suite du blockbuster d'Alice, son premier album en solo, son plus légendaire, le bien nommé Welcome To My Nightmare. Cette séquelle est le disque de tous les excès, multitude d’invités et de styles, production Bigger Than Life et gros marketing. Autant le dire tout de suite, Welcome 2 My Nightmare déçoit autant qu'il enchante. Déception car l'attente fut trop forte, générant ainsi des exigences impossibles, et enchantement car c'est tout de même un putain de bon disque. Steven fait toujours des cauchemars (ce qui ne remet nullement en cause l'hypothèse selon laquelle il serait le tueur de Along Came A Spider), et ce pour notre plus grand plaisir. Et puis réentendre le Alice Cooper Group réuni le temps d'un "Runaway Train" absolument dévastateur, ça fait un bien fou. Welcome 2 My Nightmare n'est certes pas du niveau de son illustre aîné, mais qu'importe il envoie du lourd et c'est tout ce qui compte.  

Un nouvel album est prévu pour l'année prochaine, constitué uniquement de reprises, une autre mutation en somme. Bob Ezrin, son producteur fétiche, serait à nouveau aux manettes. Quoi qu'il en soit, gageons que le vieux croque-mitaine nous régalera encore grandement à l'avenir.

mardi 13 août 2013

Break Syndical

Après le post d'hier, que j'ai viré, dans lequel je me suis emporté et disais vouloir tout arrêter, j'ai finalement, après réflexion, opté pour la pause obligatoire. Un break d'une semaine ou deux. Histoire de recharger les batteries, chasser le "Summertime Blues" et revenir plus en forme que jamais. J'aime trop ça pour y renoncer. Merci pour vos soutiens et patiences.

See You Soon.

jeudi 8 août 2013

Les faces cachées de GORILLAZ

Gorillaz, le projet farfelu de Damon Albarn et Jamie Hewlett, est un véritable laboratoire, un groupe inventif et aventurier. L'une des meilleures surprises de ces quinze dernières années. Quatre fabuleux albums au compteur, mais également une quantité astronomique de faces-B de grande tenue. Et c'est précisément celles-ci qui nous intéressent aujourd'hui. On peut mesurer la richesse d'un groupe au travers de ses faces-B; parfois elles ne sont que remplissage ou piètre redite, parfois elle explorent d'autres horizons et deviennent le prolongement quasi-obligatoire de l'oeuvre officielle.

G-SIDES - 2002 - Lien Spotify

Premier recueil de faces cachées, "G-Sides" est un parfait complément de l'album éponyme. Incluant des remixes ainsi que des morceaux inédits, cette compilation possède la même fraîcheur que le disque paru un an plus tôt. Le dub gothique de "Dracula" s'inscrit dans la grande tradition du dub anglais, très proche du Clash, période "Sandinista", une goutte de sang en plus. "The Sounder" quant à lui fait très rap U.S, la touche Gorillaz en plus. C'est précisément ce mélange des genres qui a toujours fait la force du groupe, véritable centrifugeuse d'influences diverses. Certes, l'industrie musicale n'a pas attendu le groupe virtuel de Damon Albarn pour créer des ponts entre le rap et le rock. En ce début de nouveau millénaire, la chose était même plutôt courante, avec la vague Nu-métal et ses légions de Limp Bizkit et autre Linkin Park de bien sinistre mémoire. Dans ce marasme, Gorillaz avait quand même une autre gueule; pas pour les beauf' en somme. "Ghost Train" est un étrange gospel électronique, un chant de bagnards intergalactiques qui prouve une fois de plus toute la maestria de Damon Albarn peu importe le style exploré.

D-SIDES - 2007 - Lien Spotify

Plus dense encore que le précédent volume, "D-Sides" tient sur deux cd, le premier contenant des inédits et le second les remixes. Les 13 morceaux originaux forment un album digne de ce nom, l'un des plus étranges et des moins probants commercialement parlant avec "The Fall", le dernier opus en date. De l’exploration pure aux doux parfums de Krautrock. La froideur science-fictionnelle de "68 State", l'électronique épurée de "Highway (under construction)", tout ici frise le génie. L’Asie est toujours au cœur du projet avec les voyageurs "Hong Kong" et "Hongkongaton", le premier semble émaner d'une rêverie en encre de chine tandis que le second se pare d'un costume electro comme pour mieux souligner une soudaine modernité. Gorillaz n'en oublie pas pour autant les ambiances bariolées qui ont fait sa gloire, "We Are Happy Landfill" par exemple est un joyeux bordel bien brouillon, de la pop bruitiste magistralement maîtrisée. Ce chapelet d’inédits est peut-être encore plus passionnant que "Demon Days", le pourtant splendide disque dont il est le prolongement.

Les remixes valent eux aussi leur pesant de peanuts, quelques grands noms (Hot Chip, Soulwax, Metronomy et d'autres) qui nous offrent un résultat presque toujours réussi. Une fois passé à la moulinette DFA, le tubesque "DARE" devient un monument discoïde de près de 12 minutes, alors que dans les mains de Junior Sanchez ce même titre se mue en rageur rock à forte tendance électronique. Plusieurs visions pour un même titre, multitude de points de vue augmentant encore un peu plus la richesse originelle.

Basse manœuvre commerciale ou pas, les compilations de faces-B permettent d'avoir un regard autre ou complet sur l'oeuvre d'un groupe. Sans pour autant se ruiner en 45 tours hors de prix et trop rares.

mardi 30 juillet 2013

Détournement de pochettes II

Le grand détournement continu. Sur le même thème que le premier post, je vous propose ici une petite sélection d'hommages aux grands noms du rock. Des pochettes légendaires revues et corrigées par des artistes 2.0, toujours avec humour et goût. Lego, culture vidéo-ludique et chatons sont à l'ordre du jour. Enjoie!