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samedi 30 novembre 2013

JSF#7: HOLLY GOLIGHTLY AND THE BROKEOFFS - Medicine County - 2010


FASTER PUSSYCAT KILL KILL! Des filles qui en ont...

La petite protégée de Wild Billy Childish a parcouru bien du chemin depuis ses débuts punk au sein des Headcoatees, le versant féminin et sexy des Headcoats du moustachu Billy. Elle a sauté d'un style à un autre avec grâce et enchantement, maniant le blues avec la ferveur du delta ou la soul avec un son que l'on jurerait échappé de chez Stax, si Stax avait été anglais, cela va de soi. Car oui, l’Angleterre lui colle à la peau, et ce même quand la belle fait de la country comme ici. Depuis un certain temps déjà, cette hyperactive a trouvé au sein des Brokeoffs une sorte de sérénité western. Mais attention, n'y voyez aucune vulgarité de cow-boys, ici ce genre souvent bouseux prend son petit déjeuner au Tiffany's.  

Dès les premières notes de "Forget It" on sent l'étau se resserrer lentement mais inéluctablement, le chant de la dame nous piège, nous faibles hommes, car il se drape dans des dessous chics en dentelle noire. Heureusement que "Two Left Feet" désamorce un peu la chose avec son blues hasardeux et bancal, ça cogne, ça brinquebale, mais dieu que c'est bon. "Medicine County" donne dans le traditionnel western, harmonie à deux voix, rythmique en béton et solo de guitare millésimé. Dans un genre similaire quoique plus électrique, "Escalator" décorne les beaufs-rednecks traînant leurs éperons dans les rades miteux; doux Jésus que cette fille a des couilles... "Dearly Departed" flirte avec la quintessence de la ballade country, de celle qui vous colle le frisson et vous mouille les yeux, sublime. En guise de final, Holly et son groupe nous gratifient d'un "Jack O'Diamonds" redoutable, un blues blanc des frontières, la bande-originale d'un western imaginaire.

Voilà, cette septième édition du grand jeu s'achève ici, elle fut dense, riche et pleine de musique (c'est la base), j'en suis d'autant plus heureux car cette fois, les thèmes étaient les miens. Dans les commentaires, l'ambiance fut très (trop?) souvent électrique, mais comme le rappelle si bien ce vieil adage: "Les coups et les douleurs tout ça! Tavu cousin?!"... Le désaccord est source de dialogues. Ceci étant dit, j'ai découvert de très bonnes choses, entre les disques jusqu'alors inconnus et les nouveaux blogs et blogueurs (je pense notamment au duo juvénile de la pop, merci pour votre bonne humeur les gars!), ce fut une sacrée aventure.

See You Soon les ami(e)s. 

jeudi 28 novembre 2013

JSF#6: ALICE COOPER - Pretties For You - 1969


ENCORE UN PEU VERT! Une première oeuvre pas tout à fait mûre.

Il est des premières oeuvres qui disent absolument tout, des premières oeuvres fécondes, insurpassables et insurpassées, des premières oeuvres si viscéralement parfaites, qu'elles en deviennent des fardeaux pour leurs créateurs. Celles-ci sont de la race des légendes. Mais il y a aussi des premiers jets bancals, mal dégrossis, vulgaires ou simplement mauvais. Pretties For You de l'Alice Cooper Band appartient indéniablement à la seconde catégorie. Non pas que tout soit à jeter sur cet album, mais force est de constater qu'il ne brille ni par sa production, ni par sa composition. Le fait que Frank Zappa ait signé le groupe n'y change rien, celui-ci semble d'ailleurs totalement désintéressé du sort de ses jeunes poulains. 

Les carences de Pretties For You sont d'autant plus visibles/audibles que par la suite, le groupe fera preuve d'une maîtrise furieuse et d'une ambition sans limites. Dès l'arrivée de Bob Ezrin aux manettes sur l'album Love It To Death, Alice Cooper le groupe deviendra l'une des plus redoutables machines de guerre des années soixante dix. Le Coop' et sa bande publieront un chapelet de chef-d’œuvres qui fera très vite oublier ces débuts laborieux. 

Prenons pour exemple concret "Reflected" qui deviendra plus tard "Elected" sur Billion Dollars Babies. Dans sa forme initiale, c'est à dire sur Pretties For You, ce morceau est brouillon, pas désagréable, mais inutilement foutraque. Et pourtant, derrière l'amateurisme ambiant, on décèle du génie... et "Elected", la version remaniée de 1973, confirmera ces soupçons. Le fossé entre les deux est énorme, d'un côté nous avons un sympathique mais banal morceau garage et de l'autre un mastodonte glam-hard flirtant avec la perfection. 

Un faux-départ que ce Pretties For You, mais qui a le mérite d'exister et de prouver que le travail paie toujours.

mardi 26 novembre 2013

JSF#5: DR DRE - 2001 - 1999


SUGAR SUGAR Une oeuvre narcotique, le type de drogue n'a pas d’importance.


La drogue, quoi qu'on en dise, est l'un des plus importants moteurs de l'histoire de la musique; les disques marqués de son sceau sont légion. Il est même possible à l'écoute de certains albums de définir avec quasi-exactitude le type de narcotique utilisé lors de son enregistrement. Ce JSF ne serait pas complet sans rendre un petit hommage à cette dangereuse muse souvent fatale. De l'absinthe au Crystal Meth, cette hydre aux multiples têtes fît jaillir bon nombre de chef-d’œuvres légendaires, mais aussi en cas de Bad Trip, d'infâmes bouses. 

Ne sentez-vous pas cet ample parfum de Weed escalader doucement vos sinus? Le poison vert vous enivre avant même que l'album n'ait débuté, des kilos, que dis-je, des tonnes d'herbe bien verte furent cramées pour sa création; et cela se ressent dans sa sonorité à la cool, ample, ronde, vaporeuse, jamais agressive qui donne envie de se griller un bon gros splif en se laissant engloutir par le fauteuil. 

"The Watcher", gros beat ample, G-Funk 2.0, le son West-Cost dans toute sa splendeur, le refrain entêtant est parasité par la paranoïa verte. D'entrée, on retrouve ce qui faisait le charme de la trilogie formée par The Chronic, Doggystyle et Regulate G Funk Era. Plus loin, "Still Dre" fête les retrouvailles des deux parrains de la West-Coast, Snoop Doog et Dr Dre; ce morceau fut un hit mondial à l'aube du nouveau millénaire, il est d'une efficacité redoutable avec sa rythmique en béton armé, ses samples intelligents et ses flows élastiques; autant d'ingrédients imparables qui une fois assemblés offrent du lourd, du très lourd. Flat beat et cuivres gras, "What's The Difference" est un rouleau compresseur moelleux qui noie l'auditeur dans un macadam fait d'herbe pure toujours apte à vous décrasser les voies respiratoires. Xzibit pas encore pimpé vient poser son flow sur ce titre, secondé par un jeune Eminem aux portes de la gloire. Retour de l’embrumé Snoop (plus tout à fait Doggy) Dogg via l'immense et démentiel "The Next Episode", une tuerie rap comme on en fait plus ou trop peu; encore un tube interstellaire. On frôle le mauvais trip avec le flippant "Murder Ink" qui sample le thème du film Halloween de John Carpenter, heureusement que "Pose 4 Porno" déboule rapidement pour nous "fourrer" d'autres visions moins glauques dans le crâne. Enfin, l'album se referme avec la soul moderne de Mary J.Blige, qui auréole "The Message" de sa présence.

2001 est un classique du Hip-Hop, vous savez ce genre de disque qui marque l'histoire d'un genre pour les dix années à venir. 2001 est ce type de chef-d'oeuvre instantané. 

dimanche 24 novembre 2013

JSF#4: M83 - Digital Shades [volume 1] - 2007


LIFE ON MARS? Une musique d'une autre planète ou presque.


Ce thème je le voulais très libre, aussi libre que l'espace puisse l'être, offrant une palette d'interprétation assez large. Mais comme tous les thèmes peu contraignants, il s'avère finalement assez pointu... J'ai d'abord songé à exhumer un obscur groupe pratiquant une musique tout aussi obscure, avant de finalement me raviser et partir vers le vide même... Si le son pouvait se propager dans l'espace, nul doute qu'il prendrait la forme de ce disque. Ces nuances digitales si belles, si calmes et violentes à la fois. Le son de l’expansion continue.

Digital Shades est le dernier album de M83 évoluant sans aucune contrainte pop ni concessions commerciales. Non pas que la nouvelle musique du groupe soit déplaisante, bien au contraire, M83 a même plutôt bien négocié son virage pop, en témoigne le grandiose Hurry Up, We're Dreaming. Mais Digital Shades est plus profond, plus trouble, plus viscéral, il serpente en état de grâce dans les tumultueuses vibrations des enceintes. Quelques vagues réelles et synthétiques se propagent comme au sortir d'un songe et se répètent à l'infini. "Waves, Waves, Waves", la courte plage d’introduction est douce comme du coton, hésitant constamment entre le bruit et le silence. "Coloring The Void" quant à elle est tout en intensité retenue et en émotion brute; quelques voix résonnent avant de s'éteindre brusquement pour finalement rejoindre le néant. Puis, semblant sortir d'un monde fantastique, "My Own Strange Path" déploie ses longues voiles blanches comme pour mieux recouvrir l'imaginaire corrompu du voyageur immobile. Ce morceau rappelle fortement le travail effectué par G.Moroder sur la bande-originale du film L'histoire sans fin. "The Highest Journey" conclue le trip dans un fracas clinique et beau, comme si la machine se mettait soudain à ressentir des émotions. M83 atteint ici le climax de sa formule tout en se préparant pour les mutations à venir. Digital Shades demeurera tel un fragment dénué de toute corruption.

PS: M83 est avant tout le nom d'une galaxie se trouvant dans la constellation de l'Hydre femelle.

vendredi 22 novembre 2013

JSF#3: RÖYKSOPP - Senior - 2010


MUSIC FROM THE NORTH COUNTRY Un seul mot d'ordre: Nordique!


Avec Senior, Röyksopp renoue enfin avec l'electro planante et hivernale des débuts, Melody A.M; le premier album est clairement dans la ligne de mire de ce quatrième opus intégralement instrumental. Un an après avoir publié un Junior plein de fougue, le duo norvégien pousse plus loin son concept avec un épisode plus doux, plus calme, plus mûr et pour tout dire meilleur. Là où Junior misait sur le battement rapide et efficace, Senior se veut plus éthéré et puise sa force dans la beauté pure. 

Pluie artificielle ou acide, chants d'oiseaux robotiques, le matin se lève sur la post-humanité, des réminiscences obscures et des semblants de vies, "...And The Forest Began To Sing" ouvre divinement. La machine s'éveille enfin, le cœur branché sur le secteur, elle s'anime dans un fracas mécanique qui trouble la lourdeur clinique environnante, les capteurs encore pleins de rêves pré-programmés. Puis elle se lance, servile, dans la folle course de la productivité. La cadence est infernale et "Tricky Two' dérape, comme du Kraftwerk fou, des robots de nouvelle génération. "The Alcoholic", la tristesse de la machine qui consomme de l'huile poisseuse comme jadis l'humain de l'alcool, juste pour oublier que quelque part dans ses circuits, un jour, un homme a programmé la tristesse comme état permanent. Dans la blancheur stérile de son box, la machine s'endort à nouveau, elle choisit un thème pour la nuit, un simulacre de rêverie qui cache une banale recharge de batterie, "Senior Living" résonne comme une berceuse. "The Fear", vieil écho cinématographique d'une mafia binaire dealant des zéros et des uns à des junkies magnétiques branchés sur le network. Surdose de données et la machine rend l'âme dans une ultime simulation de paradis, de japonisants paysages ondulent comme dans un film d'animation; "Coming Home" ou la grande demeure du néant. 

Senior plus qu'un disque est un voyage onirique au cœur de l'automate, à la manière des anciens Tangerine Dream, il est un condensateur de visions. 

mercredi 20 novembre 2013

JSF#2: GREEN DAY - Warning - 2000


TEEN TITAN Un disque usé jusqu'à la corde étant ado!

J'ai dix-sept ans, l'adolescence déjà bien entamée, et l'automne commence à s'installer sur le nouveau millénaire. Une autre année scolaire débute et je n'aime toujours pas ça, ma flemme se heurte aux trop denses et nombreux cours, il va me falloir un peu de carburant positif pour endurer la chose. Des bonnes ondes qui se matérialiseront sous la forme d'un album de douze titres durant à peine plus de quarante minutes. 

Warning est probablement le meilleur disque de Green Day, le plus varié et inspiré, mais aussi celui qui eut le moins de succès. L'album s'ouvre avec l'efficace morceau éponyme, une sorte d'hommage au "Picture Book" des Kinks. Bon, en réalité et pour être tout à fait honnête, "Warning" se dispute le titre du plus gros plagiat de l'histoire du rock avec "My Sweet Lord" de George Harrison. Une entrée en matière certes bordeline niveau éthique, mais tout de même agréable. Le groupe enchaîne ensuite avec un chapelet de titres plus basiquement punk, "Blood, Sex and Booze", "Fashion Victim" ou encore "Church On Sunday", un trio convenu mais diablement entraînant. Rien que des bonnes vibrations. Puis sans aucun signe avant coureur, voici que débarque "Misery", une longue fresque dépeignant les destins croisés de plusieurs personnages, jouissant d'une écriture absolument parfaite, ce morceau est le climax du bousin (comme on dit au Groland). La face B, quant à elle, oscille entre punk rock pur jus ("Deadbeat Holiday" et "Jackass") et folk survitaminé ("Hold On" et "Minority"), le tout joué à l'os et sans la moindre fioriture de production, nous sommes ici encore très loin du son chromé et calibré F.M du futur bestseller qu'est American Idiot. 

Il y a peu d'albums de cette époque de ma vie que j'écoute encore régulièrement, mais Warning retrouve toujours le chemin de la platine avec le plaisir des premiers jours. Ce disque ne vieillit pas, c'est aussi simple que cela.

lundi 18 novembre 2013

JSF#1: JOE DASSIN - Le jardin du Luxembourg - 1976


THE WEAR DON'T MAKE THE MONK! Pochette hideuse mais disque génial.


Non, ne fuyez pas! J'en vois déjà qui tirent la gueule derrière leurs écrans d'ordinateurs. J'imagine aussi les commentaires du genre "Il fallait pas que la pochette soit moche mais que le disque soit bon?". Et bien c'est le cas, Le jardin du Luxembourg est grandiose, par contre il souffre d'une très sérieuse tare: son écrin. Hideux comme ce n'est pas permis, un tel niveau de mauvais goût devrait être passible de peine de mort. De plus, je possède ce disque en glorieux 33t d'époque avec couverture dépliante... Une putain de pochette dépliante pour ça?! Ça n'a absolument aucun sens, cela revient à faire un bon gros doigt à la logique la plus élémentaire! Soit un mec de la maison de disque en voulait sévèrement à Joe Dassin, soit tout le monde s'en foutait, ou les deux. La responsable de ce naufrage se nomme Marina Clément, elle a également "ouvrée" pour Gilbert Bécaud. Je n'ai pas trouvé de page Wikipedia mentionnant que la dame est (ou était) tétraplégique, ce qui aurait constitué une circonstance atténuante...

Mais venons-en au fait. Le contenu, lui, est magnifique et je pèse mes mots. Rien que pour son morceau-titre, ce disque mérite de figurer au panthéon de la musique française, et pas seulement dans la section variété. Du haut des ses douze minutes, "Le Jardin Du Luxembourg" est une fresque aux multiples variations, aux multiples humeurs, une des plus belles chansons d'amour de tous les temps. Une adaptation (comme souvent) d'un titre de Vito Pallavicini et Salvatore Cutugno, mais troussée avec brio.  

Les autres morceaux présents sur l'album ne sont pas en reste, sur les sept titres composant cette livraison de 1976, aux moins cinq sont des tubes; un très bon ratio. "Il était une fois nous deux", "A toi", "Le café des trois colombes" ou encore "Que sont devenues mes amours", tout cela n'est que pur nectar. N'en déplaise aux râleurs...

mercredi 30 octobre 2013

JSF #7


Le jeu sans frontières revient enfin pour une septième saison que l'on espère riche en folie. Pour cette nouvelle édition, c'est moi-même, personnellement, tout seul et en toute humilité qui ai concocté les thèmes.

RDV du 18 au 30 Novembre 2013, sauf changement.

Pour plus d'infos et/ou pour s’inscrire, c'est ici!

Et pour consulter la longue liste des participants cliquez sur ce lien! 

samedi 22 juin 2013

JSF#7: ZZ TOP - The Complete Studio Albums 1970-1990 - coffret

Thème du jour: La fête de fin de jeu

De toutes les saisons du JSF, ce thème est celui qui m'a filé le plus de fil à retordre. Pas directif pour un sou, l'ami Sorgual nous offre une parenthèse de liberté. Oui mais voilà, la liberté quand t'es pas habitué, ça te pète à la gueule. L'homme aurait-il besoin d'être enchaîné pour donner le meilleur de lui-même? Hum, arrêtons tout de suite la philosophie à deux balles, ce n'est pas le moment; surtout pas à l'heure où les médias nous brisent les roustons avec le bac. Ce précieux sésame qui vous conduira jovialement vers le Pôle Emploi! Mais je m'éloigne un peu du thème, là, non? Passons.

C'est la fête, vidons nos têtes sous le soleil de plomb de l'été qui revient. Faisons rougir les barbecues, éclusons joyeusement quelques bières bien fraîches; pour la bande-son, pas de souci. Il y a de quoi faire avec ce coffret dix cédés remplis de blues moite et transpirant comme le macadam sous le soleil Texan (Sadaya me suggère "transpirant comme une aisselle" c'est bien aussi)! Le power trio le plus célèbre du monde voit enfin ses premiers albums réédités dignement, exit les horribles mixages des années 80. Car il faut savoir que les cinq premiers disques du groupe furent remixés pour leur parution sur support cd en 1987, afin de mieux coller avec le son synthétique du chartbuster "Eliminator". Un massacre en règle qui annihila complètement ce qui faisait le charme des dits albums. Une hérésie enfin réparée aujourd'hui.

Si "Tres Hombres" et "Fandango!" ont fait l'objet de beaux remasters il y a quelques années, ce ne fut pas le cas de "First Album", "Rio Grande Mud" et "Tejas". Trois albums de blues rugueux et épais comme de la sauce BBQ, trois disques importants dans la carrière de ZZ Top. Si les deux premiers posent les bases de ce que deviendra plus tard "Tres Hombres", "Tejas" quant à lui est tout en nuance, le son y est plus fin qu'à l'accoutumé. Un album qui donne envie de convoyer vers le hamac le plus proche pour une petite sieste; c'est l'effet "Asleep In The Desert".

Suite à "El Loco" paru en 1981, l'affaire se gâtera un peu, avec l'arrivée des synthétiseurs et de MTV. Et en 1983 "Eliminator" pulvérisera tout sur son passage, le vieux coupé Ford rouge laissera dans son sillage les fans de la première heure. Et rien ne sera plus jamais comme avant! Les Barbus filaient vers la gloire, mais à quel prix?

En ce qui concerne le coffret, la présentation est plutôt de bonne facture étant donné le prix. Il n' y a malheureusement pas de livrets, mais les pochettes répliquent celles des vinyles d'époque. C'est tout bon.

See You Soon les amis!

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mardi 18 juin 2013

JSF#5: LES TÊTES RAIDES - Fragile - 2005

Thème du jour: Francophone

Quand les Têtes Raides décident de renouer avec l'énergie punk des débuts, ils ne font pas dans la dentelle. Exit l’accordéon, du moins pour un temps, c'est Jean Corti qui va pouvoir respirer. Les guitares sont à nouveau branchées sur le secteur et derrière, la fanfare brinquebalante offre un déferlement bruitiste de la plus haute intensité. "Fragile" fut produit par Denis Barthe, ex-batteur de feu Noir Désir, qui fit un boulot juste extraordinaire. Du coup, forcément, le parallèle avec l'ancien groupe de Bertrand Cantat est inévitable. Mais force est de constater que les Têtes Raides ne boxent pas dans la même catégorie. Ici, tout est plus viscéral, plus poétique, moins adolescent! Les mots se crashent et crachent à la gueule du monde une révolte à la fois ordinaire et combative. D'utilité publique.

"Fragile", le morceau-titre, est un questionnement sur la vie et la mort, un peu surréaliste. Le mélange entre poésie et musique punk est explosif. Le groupe adapte ensuite un passage de "Je voudrais pas crever" de Boris Vian sur fond de reggae électrique. Une réussite. Avec "Latuvu" c'est tout l'univers des Têtes Raides qui nous pète à la tronche. Humour poétique au bord de la folie; à noter la présence sur ce morceau de Didier Wampas et Rachid Taha, un joyeux bordel. Plus loin, "Constipé" se pose là comme une sorte d' "Hexagone" en mode punk débridé. "Ça vous étonne qu'on soit si monotone..."! Tandis que "Houba" taille un costard à toutes les doctrines religieuses, ce qui est toujours utile, soyons franc. Le final de l'album est proprement démentiel, un tsunami d'émotion et de violence salvatrice. Interprété en duo avec The Ex (un groupe punk des Pays-Bas), "De Kracht" est un monument destroy avec ses paroles scandées comme dans une manif' et sa musique dévastatrice.

"Fragile" est un album unique dans la carrière du groupe, peut-être son plus fameux.

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dimanche 16 juin 2013

JSF#4: DONNIE & JOE EMERSON - Dreamin' Wild - 1979

Thème du jour: R.I.P

Le fait de ne pas être obligé de choisir uniquement des chanteurs morts arrange bien mon affaire. Non pas que le choix soit limité, il y a même plutôt foule, et fatalement celle-ci ne fera que grossir. Abordons la chose avec un groupe "disparu de la circulation" ou "Dégagé du business". Car l'histoire qui va suivre est à la fois tragique et belle. Belle car pleine d'amour, et tragique car marquée du sceau de l'échec.

C'est l'histoire d'un fermier de Fruitland dans l'état de Washington, dont les deux fils sont passionnés de musique. Ils rêvent d'enregistrer un disque, d'offrir leur art au monde et pourquoi pas connaître la gloire. Le père décide alors de leur faire fabriquer un studio d'enregistrement flambant neuf pour la coquette somme de 100 000 dollars (ce mec mérite le titre de meilleur papa du monde). C'est ainsi qu'en 1979 naquit "Dreamin' Wild", l'unique album des frères Emerson. Un bouillant mélange de soul, de rock et de funk, le tout diablement roots. Pas franchement le genre de musique qu'on imagine élaboré par deux jeunes fermiers. Pas raccord non plus avec l'accoutrement des deux gus sur la pochette, c'est pas possible un truc pareil! A ce stade de l'histoire, inutile de préciser que l'album fut un bide. La famille au bord de la faillite dut vendre une bonne partie de ses terres. Un bien triste retour à l'anonymat et à la dure réalité.

Et le disque dans tout ça? Un trésor enfui, le Graal funk sous le saphir. Du dynamique "Good Times" à l'imparable "My Heart" en passant par l'hypnotique "Baby", tout ici sent le soufre rock. Cent pour cent analogique, le son est chaud, rond, excitant comme des courbes féminines. L’improbable mixage ajoute encore à l'étrangeté de la chose. Saluons au passage l'initiative du splendide label Light In The Attic qui livre encore une fois un travail d'édition impeccable.

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vendredi 14 juin 2013

JSF#3: TENACIOUS D - The Pick Of Destiny - 2006

Thème du jour: Pictural

Une pochette dédiée à la peinture ou au dessin, en voilà une bonne idée. Car force est de constater qu'au fil du temps, la liste des pochettes d'albums empruntant à la peinture ou au dessin n'a eu de cesse de s'allonger de façon quasi exponentielle. En parcourant ma discothèque à la recherche de la perle rare, j'ai vu défiler un paquet de disques susceptibles de coller au thème, à commencer par "Beck-Ola" du Jeff Beck Group qui utilise ni plus ni moins que la chambre d'écoute de Magritte en guise de couverture. Et que dire du premier Velvet Underground ou de "Sticky Finger" des Stones, des oeuvres d'art à part entière créés pour l'occasion par un Andy Warhol au sommet de son art. Mais tout cela est trop convenu... J'ai préféré aborder ce thème par la voie du détournement, de la parodie! Et quand les Tenacious D s'attaquent à la création d'Adam de Michel-Ange, c'est toute la chapelle Sixtine qui menace de s’effondrer.

"The Pick Of Destiny" est le second album du groupe de hard-rock comique monté par Jack Black et Kyle Gass, c'est également la bande originale du film du même nom. Démarrant très fort avec l'hilarant "Kickapoo", un morceau qui voit mine de rien défiler Meat Loaf et Ronnie James Dio, pas les derniers des péquenots. Ce qui marque d'entrée de jeu, c'est la qualité musicale du projet, on sent l'amour d'un genre. Les amateurs de musique classique auront également leur compte avec l’inénarrable "Classico", blague ultime! Plus loin, "Papagenu (He's My Sassafrass)" nous offre un voyage hallucinant et halluciné, le tout avec une bonne dose de crypto-zoologie en bonus! Mais le gros morceau, le climax du disque, se nomme "Beelzeboss (The Final Showdown)", le groupe y affronte le diable lui-même (campé par Dave Grohl) dans un tournoi de métal. C'est juste de la folie pure.

Concrètement, "The Pick Of Destiny" n'est pas le meilleur album du D, mais il reste tout de même sacrément jouissif! Et admirez cette pochette, quelle magnificence...

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mercredi 12 juin 2013

JSF#2: ERYKAH BADU - New Amerykah Part One (4th World War) - 2008

Thème du Jour: Black Is Beautiful

"Black Is Beautiful" en voilà un thème inspirant. Un thème qui m'a directement renvoyé à Erykah Badu, cette beauté vaudou et grande prêtresse du hip-hop féminin. "New Amerykah Part One" est sans doute l'album le plus atypique de la dame, barré entre funk et hip-hop classique, entre percussions africaines et débordement soul, un pur condensé de musique noire. Une oeuvre collective également, qui voit défiler un parterre d'invités prestigieux tels que Questlove ou Madlib!

Début en fanfare avec "Amerykahn Promise", sorte de bande-annonce de l'album à venir sur fond de blacksploitation; à noter la présence de Roy Ayers sur ce morceau funk en diable. Produit par Madlib, "The Healer" est une beauté noire, flirtant avec l’Afrique pour se métamorphoser en hip-hop incantatoire. Plus loin, "My People" déploie son rap vaporeux et hypnotique sur un beat relaxant, il y a du vaudou là-dessous, assurément! "That Hump" c'est de la soul 2.0, la voix de la maîtresse de cérémonie est à se damner, d'une beauté rare, entre clarté et fêlure féminine. Ce morceau groove plus que de raison, d'une rondeur charnelle; de la tentation à l'état pur. "Telephone" est un hommage à J.Dilla, ce long morceau se laisse porter par sa mélancolie, mais n'en oublie pas la lumière pour autant. On ne peut rêver plus bel hommage! L'album se referme avec "Honey" qui nous renvoie au gimmick de "Amerykahn Promise", la boucle est bouclée avec cette soul-funk, sexuelle et viscérale!

"New Amerykah Part One" est un skeud à part dans la disco d'Erykah Badu, sans doute son meilleur. La seconde partie du diptyque débarquera en 2010, plus classique, celle-ci n'en est pas moins intéressante.

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lundi 10 juin 2013

JSF#1: BOB MARLEY AND THE WAILERS - Legend - compilation - 1984

Thème du jour: Madeleine auditive

Souvenirs d'enfance, été chaud, piscine, famille encore soudée et surtout le reggae. Celui que ma mère affectionnait tant, c'est d'ailleurs encore le cas aujourd'hui; je parle au passé pour offrir un côté solennel et nostalgique à ma chronique. Le reggae donc, cette hypnotique musique jamaïcaine introduite dans mon petit univers par un des mes oncles. Bob Marley, album "Legend", une copie cassette dont la bande n'aura tenu qu'un été. Suffisamment longtemps pour me refiler le virus, qui ne tarda pas à gagner ma bande de potes. Bien entendu, je n'entendais rien aux messages politiques, ni aux "allusions" verdoyantes qui peuplent les chansons de Bob Marley. Seule demeurait la musique, syncopée, organique, mystique voire surnaturelle. Ce rythme lent qui agissait comme un shoot d'endorphine sous le soleil de plomb. Des journées entières passées à lézarder près de l'eau chlorée de la piscine, sans soucis, sans autre but que de s'amuser, la belle vie! J'ai d'ailleurs récemment offert ce disque à ma petite soeur (entre autres albums du zigue) car je sais qu'il évoque chez elle les mêmes beaux souvenirs. Une madeleine à plusieurs, c'est encore meilleur! Car le plaisir ne vaut que s'il est partagé, ce n'est pas de moi mais d'un mec qui est mort tout seul en Alaska.

Ce best-of archi-connu ne contient quasiment que des tubes de la période internationale de Bob Marley. "Is This love", "Redemption Song", "Exodus" et bien d'autres, la liste file le tournis. "Legend" reste encore aujourd'hui la meilleure porte d'entrée pour qui souhaite plonger dans la riche discographie du prophète aux dreadlocks.

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jeudi 23 mai 2013

Jeu sans frontières sixième édition


Tremblez bourgeois, entendez-vous ces trompettes qui résonnent? Elles annoncent la venue d'une horde de sauvages complètement barjots, les enceintes crachent leurs sons saturés et écœurants, vos paisibles bourgades se transformeront en antichambres de l'enfer, ce sera Sodome et Gomorrhe!!! Pendant quinze jours, du 10 au 22 juin de l'an 2013, après on remballe tout et on rentre tranquillement chez nous...

Vous l'aurez sans doute compris, le jeu sans frontières reprend!!!!  C'est Sorgual qui a préparé les thèmes pour cette saison...

Pour les inscriptions ou d'autres infos c'est par là!

samedi 2 février 2013

JSF #7: THE BELLRAYS - Black Lightning - 2010

Thème du jour: Weather Time

Un album en fonction de la météo! Putain, ça fait une semaine qu'il flotte quasiment sans stopper, moi ça me fout le moral dans les chaussettes, forcément trempées. Je suis d'humeur noire, je rumine, je regarde bêtement par la fenêtre, je maudis le monsieur météo, un coupable tout désigné! Pour palier à la grisaille ambiante, il me faut au minimum un album coup de poing! Pas un truc folk qui aime la pluie, je suis pas dans le mood là! Besoin d'un machin guerrier, du genre qui vous fait courir à demi-nu sous la pluie, avec la bave aux lèvres et l'oeil torve! Sauvage et mauvais!

"Black Lightning", noire électricité, grosse déflagration garage à faire exploser les tympans et les murs, voire repousser ces foutus nuages. L'astre de feu fonce vers la terre, c'est l'enfer, "Hell On Earth", expéditive fin du monde! Après deux méchancetés rock'n'rolliennes, voilà que débarque "Sun Comes Down", titre providentiel s'il en est; soul jusqu'au bout des os. Un rêve. Multiple comme une hydre, les Bellrays c'est tout autant du rock garage bourrin que de la soul fine, pas de mélange des genres, non, quasiment de la schizophrénie musicale. "Everybody Get Up", le voilà mon chant guerrier, on se croirait dans un Mad Max à faire cracher le pétrole. Un Doomsday de cuir et de métal. Totale Anarchie. Heureusement, l'album finit façon Motown avec un "The Way" ensoleillé et jovial, histoire de détendre un peu l'atmosphère. Il pleut toujours, c'est pas grave, m'en fout je suis bien.

xoxo à tous les autres participants ainsi qu'à la participante. Encore une saison riche en découvertes et  partages, il faut dire que les thèmes étaient gratinés. Thanxxx Mister C!

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jeudi 31 janvier 2013

JSF #6: AC/DC - Black Ice - 2008

Thème du jour: A rebrousse poil

Défendre un album qui a cartonné, mais qu'on n'aime pas... Avec une bonne dose d'hypocrisie, cet exercice n'est pas bien compliqué. A vrai dire, les albums que je n'aime pas (souvent des cartons d'ailleurs), je ne m'emmerde pas à les défendre. J'aurais par exemple pu prendre n'importe quel disque de U2, ou de Metallica (jamais réussi à les blairer ces deux-là!) et tenter en vain de faire bonne figure, mais non. Pour moi, le pire qui puisse arriver, c'est d'être déçu par un album attendu. Huit ans d'attente pour être précis dans le cas de "Black Ice". Et le moins que l'on puisse dire, c'est que la déception fut à la hauteur de ce long silence. Je me revois encore en ce début d'automne, sautant dans ma voiture après le taf' pour filer vers le revendeur le plus proche. Je n'ai même pas mis le cd dans l'autoradio, non, je voulais mon écoute attentive au casque, sans bruits parasites, ni stress dû à la circulation. Sur le palier, j'ai croisé le proprio et un voisin, discussions vite esquivées, j'étais comme le lapin d'Alice au pays des merveilles: "Je n'ai pas le temps, je suis en retard, en retard, en retard..." Enfin seul! De mes doigts gourds je retire le cellophane protégeant le graal, un rapide coup d'oeil sur le livret, putain d'illustrations, mais photos nases, hum... mauvais signe? Casque branché, disque dans la platine, potard à onze, c'est parti !!!! Play It Loud!!! Et là, c'est le drame, la prod' est à chier, aucune puissance, nada! Ne cherche pas d'ou vient le vent, le brise molle se nomme Brendan O'Brien (déjà coupable de bouillie sonore chez le Boss). D'un coup, l'envie me vient de le suspendre par les couilles sur la place publique pour faire un foutue piñata de MERDE!!!

Avec tout ça, j'en ai presque oublié de défendre la chose; laissons agir la dissonance cognitive... "Rock N Roll Train", un train d'enfer plus rapide que n'importe quelle autoroute, hymne pour stade, imparable. "Big Jack", rien que le titre est un régal, le fantôme de Bon Scott plane, c'est sûr! Vite un poltergeist pour assommer Brendan! Sérieusement, il envoie sévère ce morceau! "War Machine", l'escadron est lancé, drop the bomb, j'attendais un F-22 Raptor, mais j'ai un vieux bi-plan. Toujours, la faute à cette foutue production qui manque cruellement de punch; putain même "High Voltage" claquait plus! Pardon, j'en oublie le thème du jour, je reprend; "War Machine", c'est une centaine de Spitfire qui vous ruinent la tronche!!! Mais l'avion se crache dans un orage de blues, "Stormy May Day", c'est la fin, Robert Johnson et le diable trinquent, des âmes (plus très fraîches, mais bon) à se mettre sous la dent. Indéniablement le meilleur titre de l'album, AC/DC cesse enfin sa comédie artificielle et joue une musique de son âge! Glace noire, verglas mortel, la voiture quitte la piste pour s'encastrer violemment dans le fossé! "Black Ice, Black Ice!!!" l'autoradio joue toujours, mais plus aucune trace des occupants...

A la réécoute, il n'est pas si mauvais cet album, il est plutôt bon même. Réduit à dix titres et avec le son de "Stiff Upper Lip" il serait même excellent.

mardi 29 janvier 2013

JSF #5: DAN AUERBACH - Keep It Hid - 2009

Thème du jour: L’échappée belle 

Aujourd'hui, nos devons nous atteler à la chronique d'un album en solo d'un membre d'un groupe. Mais pour corser le tout, le dit-groupe doit encore être en activité lors de la petite escapade. Nombreuses sont les échappées belles, souvent elles signent l'arrêt de mort d'une formation, la fin d'une ère. Parfois elles sont juste des récréations salvatrices. Dan Auerbach sans Patrick Carney, au début ça fait bizarre, il y a une telle fusion au sein des Black Keys qu'il semble vain de vouloir changer quoique ce soit. En 2009, le Duo d'Akron n'était pas encore devenu le plus grand groupe du rock du monde (ou presque). Pas de "Brothers", ni de "El Camino", deux chef-d'oeuvres à succès.

"Keep It Hid" commence doucettement avec le très folk "Trouble Weighs A Ton", une ballade puisant ses racines dans la plus pure tradition ricaine. On se plait à croire en un album acoustique. Mais dès "I Want Some More", l’électricité fait son retour, le son est lourd; le blues graisseux des Black Keys n'est pas loin. La route est toute tracée, un sentier poussiéreux et sec, Death Valley désertique. "Heartbroken, In Disrepair", en bon blues psyché, est un trip sous acide assez chargé, pas si éloigné des derniers ZZ Top. Dan Auerbach n'est jamais aussi bon que lorsqu'il quitte la voie limitée de son duo, avec "Whispered Word (Pretty Lies)" l'échappée devient vraiment belle. Cette chanson préfigure à elle seule ce que sera l'album "Brothers". Autre ballade splendide, "When The Night Comes" transpire les sentiments bruts, de la soul blanche magique; la nuit est douce, le ciel est clair, à la belle étoile en amoureux. C'est précisément sur ce genre de morceau que l'album solo prend tout son sens, quand il ne recrée pas bêtement en moins bien ce que fait habituellement le groupe. L'album se referme sur "Goin' Home" dont la sonorité n'est pas sans rappeler les grandes heures de Taj Mahal, Ol'Folk jusqu’à l'os, doux comme un matin de printemps.

Assez différent d'un disque du duo tout en en possédant l'ADN, "Keep It Hid" est un bon complément pour qui souhaite pousser un peu plus l’expérience Black Keysienne.


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dimanche 27 janvier 2013

JSF #4: M.I.A - Maya - 2010

Thème du jour: Hangover Sound

Avant d'en arriver à la gueule de bois, il faut bien qu'il y ait eu excès. En clair, une bonne soirée passée en compagnie de Mr Jack D., Jim.B ou encore avec la vaporeuse Marie-Jeanne, cette verte Poison Ivy. Trop, trop vite, un verre, puis deux, un joint, musique trop forte, un autre verre puis encore un autre, black out, cuvette de chiotte, un joint, un verre, voiture, fossé, black out, cuvette de chiotte et ainsi de suite. Si bien que le lendemain on ne se souvient plus de grand chose, quelques flashs violents et à nouveau cette sempiternelle cuvette de chiotte.

Soyons clair tout de suite, la musique je l'adore quand je fais la teuf' (ou la java pour les plus anciens, je connais vos âges maintenant), et cet album est un catalyseur de Hangover en devenir. Du cyberpunk utra-jouissif, du rock taliban explosant tout sur son passage, attentat à la bouteille piégée. Tronçonneuse, perceuse, electro-bruitiste, cette soirée sera une boucherie et "Steppin Up" ouvre glorieusement les hostilités. M.I.A réussit le tour de force d'amener des mélodies mainstream dans cette furia punk, parfois outrageusement dancefloor comme sur "Xxxo", mais toujours de manière ludique et insolente. Plus loin, "Born Free" sort Suicide et son "Ghost Rider" du CGBG pour les traîner à toute blinde accrochés à la moto enflammée du Ghost Rider de Marvel. Le clip "anti-roux" réalisé par Romain Gavras avait créé la polémique; l'ensemble formait un tout indispensable, diablement moderne. "Born Free" est une bombe atomique sonore sans concessions. "Maya", un album toxique et violent, synthétique mais jamais artificiel, assurément un grand disque.

Et le lendemain de cuite dans tout ça? Partagé entre la vie et la mort, c'est le silence qui est de rigueur, désolé.

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vendredi 25 janvier 2013

JSF #3: TOM WAITS - Swordfishtrombones - 1983

Thème du jour: Happy Birthyear


Un thème bien déloyal aujourd'hui. D'un seul coup, je regrette de ne pas être né en 1967, 1969 ou encore 1977, j'aurais eu l'embarras du choix. Car oui, en musique comme dans tout autre domaine, il y a des années avec et d'autres sans. Et j'ai bien l'impression que 1983 soit une année sans. Il y a bien "Dada", mon préféré du Coop', mais celui-ci, je l'ai déjà chroniqué il y a fort longtemps; ou encore quelques skeuds d'un Rap en pleine croissance, mais pas de quoi se taper le cul par terre non plus. Bon j'arrête de protester, car j'ai tout de même dégoté une oeuvre cruciale, tant pour son auteur que pour toute cette sordide décennie.

"Swordfishtrombones" marque une rupture dans la carrière de Tom Waits. En fait, plus qu'une rupture, c'est une véritable métamorphose; exit le clochard-bohème-poète et poivrot des débuts vomissant un jazz-beat bavard pour oiseaux de nuit. Aussi riche et belle que fut cette première période, il fallait que les choses bougent. "Heartattack And Vine" paru trois ans plus tôt était le signe avant-coureur de la lycanthropie du père Waits, qui sur ce coup lorgnait carrément du côté de Screamin' Jay Hawkins. Il lorgnait même si bien, que le hurleur en personne y alla de sa reprise. Mais ceci n'est rien en comparaison du choc qu'est "Swordfishtrombones", l'album qui marque le commencement de la seconde (et actuelle) période du monsieur. Bruitiste, foutraque, énervée et ironiquement belle, un peu comme si Captain Beeheart s'était noyé dans un bouteille de Whisky.

Percussions  d'ossements, guitare rêche et grognements, les sons qui s'échappent du chapiteau sont inquiétants. Un Mr Loyal débraillé nous invite à entrer. Comment résister? "Underground", "Shore Leave" et "Dave The Butcher", c'est le freak show, du rock 'n' roll Barnum! La fanfare défile fièrement dans la poussière et la rouille, dans ce brouillard tenace toute cette crasse se transforme en or. "In The Neighbourhood", c'est la ballade ultime, une recette que Tom Waits connait sur le bout des doigts, il en pond aussi facilement que Keith Richards dégaine un riff!