jeudi 23 août 2012

NEIL YOUNG & THE CRAZY HORSE - Americana


Qu'il est bon de retrouver le son foutraque du Crazy Horse! Voilà la première remarque que l'on se fait après avoir appuyé sur la touche "Play". "Americana" semble avoir été enregistré dans l'urgence au fin fond d'une cabane perdue, et en une seule prise! C'est roots, gras et franchement jouissif!

Neil Young nous sert le traditionnel album de reprises, comme bien d'autres avant lui. "Americana" est en grande partie composé de chants traditionnels électrifiés. Souvent, c'est toute la ligne mélodique qui est modifiée. Ainsi, le classique folk "Clementine" devient un long rock à la fois lourd et planant. "Travel On" renvoie directement au sublime "Raggad Glory", l'un des meilleurs albums du Loner, sans toutefois en atteindre les sommets. Et c'est bien le problème de cet "Americana", cela a beau être superbe, il manque la petite étincelle qui transforme un bon disque en chef-d'oeuvre. Même si les versions de "This Land Is Your Land" et "Wayfarin' Stranger" (je vous conseille vivement la version enregistrée par Johnny Cash) sont sublimes, ça ne sera pas suffisant pour inverser la vapeur. Et puis que vient foutre "God Save The Queen" (pas celui des Sex Pistols...) sur un disque nommé "Americana"? Certes la version est fortement américanisée, mais tout de même...

J'en attendais sans doute trop, tout excité que j'étais par les retrouvailles avec le cheval fou. Il s'en est pourtant fallu de peu pour que le poney se transforme en mustang sauvage et fougueux!

mercredi 15 août 2012

THE FOUR OWLS - Nature's Greatest History



The Four Owls, c'est la fine fleur du label anglais High Focus Record, réuni sous la forme d'un "supergroupe". Le "supergroupe" est quelque chose de presque commun dans le milieu du rock, pour le meilleur comme pour le pire, mais moins dans la sphère du rap underground. Fliptrix, Leaf Dog, Verb T et Bva Mc possèdent chacun leur "Chouette-avatar", ce qui rend le groupe irréel et intrigant; un peu à la manière de Gorillaz.

"Nature's Greatest History" est un disque de Hip-Hop bien Old School qui cogne fort. Un truc qui renvoie aux grandes heures des Beastie Boys ou de Public Enemy. On est très loin du Rap mainstream insipide que nous déversent les ondes radios. Ici, ça sample sévère, un peu à la manière des illustres productions des Dust Brothers, "Paul's Boutique" en tête. Le groupe nous offre des purs moments de bravoure, en témoigne le bulldozer "Much Too Much"; un rap d'une lourdeur incroyable. Chaque beat donne l'impression de crouler sous les poings de Mohammed Ali, on en ressort étourdi; putain quel morceau! Le rap arrogant des quatre chouettes est un vrai régal, "Betrayal" enterre tout, les anciennes têtes couronnés du rap tombent une à une! Aucun rappeur-star n'est guère plus capable d’accoucher d'un tel titre, et cela même dans la douleur. "Life In The Balance" sample Nina Simone (une preuve de bon goût), j'en vois déjà qui crient au scandale, mais le morceau est sublime...

"Nature Greatest History" est dispo un peu partout en téléchargement légal, mais également en CD et Vinyle sur le site de High Focus Records.

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vendredi 10 août 2012

THE SHINS - Port Of Morrow


Après plusieurs années d'absence et une parenthèse enchantée avec Danger Mouse, James Mercer revient à son premier amour, les Shins. Seul maître à bord de son groupe métamorphe, James nous offre dix chansons pop de haute tenue. L’expérience Broken Bells a laissé quelques traces dans l'écriture des morceaux qui composent ce "Port Of Morrow". En effet, la spontanéité qui faisait le sel des premiers albums est quelque peu absente ici, au profit d'un art plus mûr et maîtrisé. Comme toujours, ce que l'on gagne d'un côté, on le perd de l'autre...

Le voyage débute avec "The Rifle's Spiral", une chanson somme toute assez classique, un brin complexe sous son apparente simplicité. Arrive ensuite "Simple Song", le premier single issu de l'album; rien à dire dessus, c'est un chef-d'oeuvre! Sans aucun doute la chanson pop de l'année et ce n'est pas négociable! L'album n'est pas avare en morceaux de bravoure, en témoigne le tiercé gagnant que forment "It's Only Life", "For A Fool" et "Port Of Morrow". Cette dernière chanson referme magistralement le disque sur une note mélancolique et vaporeuse. Mais la lumière n'est jamais bien loin, et c'est le sourire aux lèvres que l'on ôte l'album de la platine.

"Port Of Morrow" est un bonheur de tous les instants, il figure déjà parmi mes albums favoris de 2012. Et pour l'avoir écouté un bon nombre de fois, je peux vous dire que ce n'est pas un de ces soufflets qui retombent lamentablement dès la seconde écoute, comme c'est bien trop souvent le cas en ce moment!

mercredi 1 août 2012

THE BLACK ANGELS – Phosgene Nightmare



J'ai décidé de faire les choses dans le désordre, après le 45 tours de 2012, voici le E.P de 2011. Tous deux parus en édition limitée et en glorieux vinyle pour le "record store day".

Alors, que valent vraiment les 6 titres couchés sur ce vinyle 25 cm blanc immaculé ? Et bien, si « Phosgene Nightmare » est une collection de B-sides, cela ne veut pas dire pour autant que les morceaux  ici présents soient de qualité moindre, loin de la. Dès l’ouverture: « Melanie’s Melody », on a droit au grand jeu de la ballade psychédélique, son vaporeux et voix bourrée d’échos. Puis déboule « Ronettes », dont le titre est un hommage appuyé au Girls band de Phil Spector, la musique quant à elle tient plus du « The End » des Doors que de « Be My Baby ». C’est avec le troisième titre, « The Boat Song », que le disque entame un virage très pop, ce qui confirme le changement de cap déjà amorcé par le groupe avec l'album « Phosphene Dream ». « At Night » fait penser aux premières compositions des anges noirs, c’est un morceau psyché très sombre mais assez banal. Qu'importe, car « Choose To Choose » est une merveille pop typée 60's, voilà une chanson qui, interprétée par Nico, n’aurait pas fait tache sur le premier album du Velvet Underground. Le disque se referme avec une version chamanique de « Entrance Song », bien plus psychédélique que celle disponible sur « Phosphene Dream ». Si cette variation dite « Rain Dance » perd en puissance sonore, elle se paye tout de même le luxe de nous mettre en transe, de quoi nous donner envie d’aller fumer le calumet dans le désert.

Les Black Angels sont brillants, même leurs fonds de tiroirs sont au dessus du lot. Vivement le quatrième album…(longue est l'attente!)

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dimanche 29 juillet 2012

THE BLACK ANGELS - Watch Out Boy / I'd Rather Be Lonely - 45t


Comme chaque année les anges noirs texans honorent les disquaires avec une production inédite pour le désormais traditionnel "Record Store Day". Et cette année les Black Angels nous offrent deux compositions inédites. Mais l'air de rien, ce petit 45 tours moulé dans une jolie patte orange risque fort de décontenancer bon nombre de fans du groupe. En effet, on est bien loin du psychédélisme noir de "Passover" ou de "Directions To See A Ghost"; même la pop "Doorsienne" de "Phosphene Dream" semble n'être qu'un lointain souvenir.

"Watch Out Boy" et "I'd Rather Be Lonely" sont deux petits joyaux pop plutôt raffinés, plus volontiers British que Ricains. Les influences lysergiques du 13th Floor Elevators semblent avoir atteint leurs limites. Le groupe se réinvente en dignes héritiers des Zombies, dont il reprend "She's Not There", disponible en téléchargement grâce à un petit coupon magique. Du grand art.

Reste à voir si les Black Angels auront le courage de poursuivre sur cette voie pour leur quatrième album...

JOEY RAMONE - Ya Know ?


Le problème avec les albums posthumes, c'est qu'on ne sait jamais sur quel pied danser. Toujours cet arrière-goût mercantile, mais en même temps, il y a la joie de retrouver pour une dernière (?) fois un artiste aimé. "Ya Know?" est le second LP paru depuis la mort de Joey Ramone. Il est en grande partie constitué de démos terminées pour l'occasion par divers musiciens, dont certaines pointures; mais aussi de titres plus anciens exhumés. C'est certes un peu la foire, mais ce petit côté brocante ne se ressent heureusement pas à l'écoute du disque.

L'album débute fort avec un pur moment de bravoure: "Rock 'n Roll Is The Answer" dont le riff de guitare lorgne fortement du côté d'AC/DC! Comment pouvait-on imaginer qu'un tel morceau dormait tranquillement dans les archives de la maison de disque? Putain, quel plaisir de réentendre la voix de Joey, et c'est encore plus vrai avec les titres acoustiques, comme sur cette superbe ballade qu'est "Waiting For The Railroad". Bien sûr l'album possède son lot de titres plus "Ramoniens", comme "I Couldn't Sleep" et "Seven Days of Gloom", qui remplissent très bien ce rôle; pour peu on se croirait revenu à l'époque de "Road To Ruin". Par contre "Ya Know ?" aurait gagné à être plus concis, car à trop vouloir en mettre, on se retrouve avec quelques pommes pourries, c'est le cas de l'affreux "Cabin Fever" et de son clavier piqué aux horribles Linkin Park, beurk! Les portes se referment définitivement avec une émouvante version acoustique de "Life's a Gas", ultime tour de piste d'un grand rocker, et n'ayons pas peur des mots, d'un grand chanteur...

dimanche 22 juillet 2012

GAZ COOMBES PRESENTS - Here Come The Bombs


Je vous ai déjà dit à plusieurs reprises tout le bien que je pensais de Supergrass, l'un des groupes British le plus important toutes générations confondues. C'est donc avec excitation, mais également avec crainte, que j'ai posé ce premier skeud solo de Gaz Coombes sur la platine. Un leader en solo, c'est toujours une affaire délicate, prenez le cas de Frank Black des mythiques Pixies... Son oeuvre en solitaire est touffue, mais rien ne se hisse au niveau des quatre albums de son légendaire combo. Le type a beau livrer régulièrement quelques jolies choses, faire des efforts pour retrouver l'énergie perdue, rien n'y fait.

Autant mettre les choses au clair tout de suite, "Here Comes The Bomb" est un super premier album, mais le mojo de Supergrass manque parfois. Une fois ce fait assimilé, il ne reste plus qu'à se laisser porter par les onze petites perles pop qui composent le disque. De l'ouverture electro-psyché de "Bombs" à la splendide ballade "Sleeping Giant" qui referme l'opus, il n'y a rien à jeter. Gaz Coombes est un génial trousseur de chansons capable de pondre des classiques immédiats, tel que le très dansant "Break The Silence". Le premier single "Hot Fruits", envoyé en éclaireur, possède l'énergie juvénile de son ancien groupe. Quant à "Sub Divider", il fait fortement penser à du Radiohead qui aurait mis de côté ses encombrantes névroses.

Disque bricolé "à la maison", "Here Comes The Bomb" possède la fraîcheur des premiers albums, étonnant pour un artiste qui totalise près de vingt années de carrière.

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vendredi 20 juillet 2012

THE DANDY WARHOLS - This Machine


C'est qu'ils m'étaient presque sortis de la mémoire ces dandys Warholien. Pour être honnête, ce silence discographique de presque quatre ans ne m'a fait ni chaud, ni froid. Je ne serai vous dire pourquoi. Il est vrai que "Earth To The Dandy Warhols", leur précédent opus, fut une déception, mais pas de quoi hurler à la mort non plus. Du coup "This Machine" est une vraie surprise. Pas un chef-d'oeuvre, non, juste un petit disque (43 min) sympa.

"Sad Vacation" ouvre les hostilités, la basse gronde, la batterie cogne fort et le tout est étrangement hypnotique. Le groupe réussit l'air de rien une jolie fusion entre rock stoner et mélodie pop. "Enjoy Yourself" fait fortement penser à Bowie période "Heroes", mais en plus joyeux. "This Machine" est un disque protéiforme, le groupe ne semble vouloir s'imposer aucune limite. Bien souvent ce genre d'exercice ne donne rien de bon, il flatte juste l’ego de l'artiste. Ici, c'est tout le contraire qui se produit, car jamais les Dandy Warhols n'auront paru aussi humbles. Et puis franchement "Seti VS The WOW! Signal", n'est-ce pas là un super titre de chanson? D'autant que le morceau est une pure tuerie. Sur la fin, l'album glisse doucement dans des volutes psychédéliques et planantes via la bien nommée "Slide"...

Après près de vingt ans de carrière la bande à Courtney Taylor-Taylor nous offre une énième oeuvre aussi fraîche qu'une première, chapeau! La machine semble toujours aussi apte à tuer les fascistes.

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samedi 30 juin 2012

SANTIGOLD - Master Of My Make-Believe


Santigold est enfin de retour (quatre ans d'attente, c'est long) avec un deuxième album bouillant. Bien plus minimaliste que "Santogold", "Master Of My Make-Believe" est également plus electro. Le contenu oscille entre ragga dérangé et rap survitaminé; bien calibré sans être commercial ou fade. La chanteuse jongle avec les frontières du bon goût. Un véritable leçon d'écriture pour toute cette génération de divas dénuées de talent, mais acclamées par le public.  

Départ canon avec "Go!" en duo avec Karen O, le genre de sucrerie addictive qui vous enflamme dès la première écoute. Et dans le style enflammé, "Freak Like Me" et "Fame" ne sont pas en reste. Nous voilà en présence de deux hymnes tout en tension, toujours sur la corde raide. A ce stade de l'écoute, impossible de ne pas être pris de convulsion et de danser comme un dératé. Par la suite, l'album semble s'apaisé doucement, une sorte de doux flottement assez paradoxal s'installe progressivement. Le calme avant la tempête! Et celle-ci se nomme "Big Mouth", juste un bon gros défouloir electro bourrin, hyper jouissif.

Entre gros son et raffinement, "Master Of My Make-Believe" est une totale réussite. De la grandiloquence de la pochette à l'arrogance dans le ton, Santigold a tout bon. Un disque certes taillé pour le dancfloor mais qui n'en demeure pas moins très classe. Un deuxième opus qui affirme un peu plus le talent de la dame.

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lundi 25 juin 2012

GREAT LAKE SWIMMERS - New Wild Everywhere


Pour la première fois dans sa carrière, Great Lake Swimmers s'offre le confort d'un vrai studio d’enregistrement. Les précédents albums ont toujours été enregistrés dans des lieux insolites: un silo à grains désaffecté ou encore un vieux manoir... Du coup le groupe sonne beaucoup plus propre et massif. Mais ce que l'on gagne d'un côté, on le perd de l'autre. La fragilité qui faisait l'âme de "Lost Channels", le précédent opus, s'en retrouve diluée et c'est bien dommage. Je ne remets nullement en cause la qualité des compositions; sur ce point, "New Wild Everywhere" est peut-être le meilleur album du groupe.

"Think That You Might Be Wrong", le morceau d'ouverture, est dédié à la Nouvelle-Orléans et il est splendide. Une entrée en matière mélancolique qui rappelle fortement I am kloot. Mais la grande nouveauté, c'est l'arrivée de l’électricité sur certains titres, comme sur l'enjoué premier single "Easy Come, Easy Go". La bande de Tony Dekker se lâche avec plusieurs morceaux up-tempo, enfin. En guise de conclusion, on peut dire que le groupe nous offre avec "On The Water" un véritable chef-d'oeuvre. Avec sa structure monotone (mais pas ennuyeuse), ce titre renvoie à "Thrasher" de Neil Young, avec un soupçon de Springsteen période "Nebraska", du haut de gamme. On ne pouvait rêver meilleure fin d'album.

Le virage mainstream amorcé par le groupe lui permettra sans doute d'élargir son audience, car "New Wild Everywhere" est avant tout un album truffé du bonnes chansons. Ce qui n'est pas sans rappeler les grandes heures des Jayhawks.

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