mardi 25 septembre 2012

Jeu sans frontières # 5: BLUR - The Great Escape - 1995

Thème du Jour: Au hasard, Balthazar!

Pour faire mon choix au pif dans ma discothèque, j'ai procédé de la manière suivante. J'ai tiré un cd les yeux fermés de mes étagères. Et la, bing, "The Great Escape"! Cool, le meilleur album de Blur, mais pas de quoi sauter de joie non plus, même si j'adore vraiment ce disque. J'aurai préféré une perle obscure pour me la péter, mais bon. Plus tard, en réfléchissant sur la manière dont j'allais tourner ma chronique, j'ai eu LA révélation. Mais que le hasard fait bien les choses! "The Great Escape" est un de mes premiers disques, enfin je veux dire un des premiers vraiment persos, acquis (ou plutôt quémandés) par goût; pas la dernière compil' dance du moment. Rappelons que nous sommes en 1995, l'heure de gloire de l'euro-dance, cette musique atroce. C'était également la grande époque de la brit'-pop, Blur v.s Oasis, comme jadis les Stones contre les Beatles. J'avais 12 ans, je ne pigeais pas tout, mais la musique que j'entendais était sidérante! "Wonderwall", "Boys And Girls" ou encore "Allright", que des classiques instantanés. Une nouvelle British-Invasion!

Je me souviens très bien de la première fois que j'ai posé le disque sur la platine, je n'ai pas très bien compris ce que j'étais en train d'écouter. "The Great Escape" est un disque tellement British, un disque boulimique qui recrache 30 ans de musique populaire issue de la perfide Albion. L'album contient au moins un grand hit, le très Kinksien "Country House", qui reste encore aujourd'hui l'une de mes chansons préférées. Non, ce n'est pas de la nostalgie! Et que dire de "Best Days", ce morceau mélancolique qui frise la perfection, la mélodie est d'une telle beauté, chaque fois que je l'écoute, j'ai douze ans à nouveau. "The Great Escape" est un album plutôt désabusé, malgré des chansons au rythme plus enjoué tel que "Charmless Man" ou "Entertain Me", cette dernière est d'ailleurs une redite de "Boys And Girls", LE tube de "Parklife", le précédent opus du groupe. "Fade Away" fait penser aux Specials, période "More Specials" et "Ghost Town", quelle classe! Je suppose que pour les générations précédentes, la Brit'pop des années 90 n'est qu'une pale redite, mais pour ma génération, c'est la découverte. Après ça, la porte était grande ouverte pour les Kinks, les Beatles et autres Pretty Things. Mais comme les premières fois sont toujours plus intenses, les émotions demeurent plus vives. Du coup, au grand dam de mes aînés, je l'affirme, si je devais choisir entre "Face To Face" des Kinks ou ce disque, je choisis ce dernier.

Pour le bien de cette chronique, je me suis racheté l'album en version deluxe, avec un joli artwork et aussi un deuxième cd rempli de faces-b. Tout n'est pas indispensable, mais il y a deux ou trois belles choses telles que "One Born Every Minute" ou "Ultranol", et bien sûr le duo avec Françoise Hardy, un petit cadeau pour l'édition française d'époque.

dimanche 23 septembre 2012

Jeu sans frontières # 4: STUBB THE ZOMBIES - ost- 2005


Thème du jour: Playtime

Faut que ça joue, man! Voilà bien un thème sujet à l'interprétation. Que doit-on entendre par là? Choisir un disque de musiciens pour musiciens, un truc de virtuoses (souvent chiant) ou au contraire, un disque qui envoie, un truc qui prend aux tripes, qui joue fort? La question reste entière, et j'irai voir chez les potes l'option choisie. Pour ma part, j'ai décidé d'attaquer le thème par la tangente, puisqu'il faut que ça joue, autant prendre la bande originale d'un jeu vidéo. Mais attention, pas n'importe laquelle, celle de "Stubbs The Zombie". Tout un concept: faire reprendre de vieux tubes des 50's et 60's par de (jeunes) groupes issus du milieu indépendant. Alléchant sur le papier, mais carrément délicieux à l'écoute. Et le jeu vidéo dans tout ça? Excellent, un véritable petit chef-d'oeuvre de drôlerie qui se déroule dans un univers uchronique, dans lequel vous dirigez Stubb, un zombie qui va déverser le chaos sur une petite ville.

L'album débute avec le  tube bubble-gum "Lollipop" revu par Ben Kweller, sans s'éloigner trop de l'original, cette reprise reste de bonne tenue. Les Raveonettes donnent un bon coup de speed au "Boyfriend's Back" des Angels, même si on est loin de la furia bruitiste qui a fait le bonheur de leur premier album. Plus loin, Cake nous livre une version décontractée de "Stranger In The Night" qui ferait se retourner Sinatra dans sa tombe, tant l'organe du chanteur est en tout point opposé à celui de l'ami des mafieux. Une des belles surprises du disque, assurément. Mais la grand prix du jury revient à "Everyday" ré-inventé par Rogue Wave, c'est bien simple, c'est sublime. Buddy Holly est sans doute mon rocker préféré, et "Everyday" est une chanson magique. La version disponible ici tutoie les étoiles, voilà qui est dit! Au rayon des bonnes choses, (il n'y a rien de vraiment mauvais en fait), notons la vaporeuse version de "All I Have To Do Is Dream" par les Dandy Warhols ou encore "Mr Sandman" dynamité par Oranger.

Pour les amoureux des covers (et ils sont nombreux), ce disque devrait contenir de bien belles surprises.

vendredi 21 septembre 2012

Jeu sans frontières # 3: ALICE COOPER - Constrictor - 1986


Thème du jour: La beauté du diable.

La musique qui fait peur mais qu'on aime ça! Voilà un thème qui me parle. Tout petit déjà, je regardais des films d'horreur en cachette, histoire d'avoir bien les foies pour aller me coucher le soir... Et dans le cinéma de genre, plus qu'ailleurs, la musique tient un rôle important. J'ai des souvenirs très vifs du thème d'ouverture des Griffes de la nuit ou du "Tubular Bells" de Mike Oldfield dans l'Exorciste. A vous glacer le sang! Mais malgré tout, je préfère choisir un truc plus fun, un album qui s'écoute comme on regarde une bonne grosse série B des 80's.

Avec "Constrictor", Alice Cooper signe son grand retour sur le devant de la scène. Rien n' a été laissé au hasard, les compositions sont calibrées pour les teenagers américains fan de hard-rock. Et autant le dire tout de suite, on est très loin d'un "School's Out" d'un point de vue qualitatif. Mais qu'importe, l'intérêt de l'album est ailleurs. "Constrictor" est un plaisir coupable qui se savoure de préférence à Halloween, entre un "Freddy" et un "Vendredi 13". Cela dit, avec le Coop', c'est Halloween toute l'année... L'histoire débute avec "Teenage Frankenstein", sans doute le titre le plus puissant du disque. Le thème du "freak" si cher à Vincent Furnier est à nouveau exploité. Et si ce Frankenstein adolescent à l’esprit tordu était en fait Steven, le héros de "Welcome To My Nightmare"? Cela semble tout à fait probable lorsqu'on connait l'amour d'Alice Cooper pour les concepts un peu fumeux (donc géniaux)! Autre moment fort, le très primitif "Thrill My Gorilla", un tube en puissance avec une petite dose de décadence à l’intérieur. Mais le meilleur reste à venir, car l'album se clôt avec "He's Back (The Man Behind The Mask)", une chanson spécialement écrite pour le sixième volet de la saga "Vendredi 13" (le meilleur). La confrontation entre les deux boogeymen que sont Alice et Jason donnera naissance à un authentique chef-d'oeuvre cheap. "You're deep in love, But you're deeper in the woods", voilà qui résume assez bien le propos.

mercredi 19 septembre 2012

Jeu sans frontières # 2: HOLLY GOLIGHTLY - Laugh It Up! - 1996

Thème du jour: Une affaire de femme.

Un véritable diamant sur canapé...

La discographie de la dame est tellement affolante, que j'ai choisi cet album un peu au pif. "Laugh It Up!" est intégralement constitué de reprises, mais uniquement des morceaux de choix! La liste des artistes repris ici donne le tournis. Jugez vous-même: Ray Davies, Willie Dixon, Ike Turner, Bobby Womack, Lee Hazlewood et bien d'autres.

"Sally Go Round The Roses" est une sucrerie, un bonbon délicieux et addictif. La pop song ultime? Le son est sans fioritures, brut de décoffrage, disons qu'il est parfait dans l’imperfection. Plus loin, la guitare saturée du bluesy et destroy "Don't lie To Me" vire en une bacchanale bruitiste que ne renieraient pas les Cramps. Le chant d'Holly est désinvolte voire carrément morveux, quel pied! Mais la vraie pépite, puisqu'il y en a une, c'est "Sand" du génial Lee Hazlewood. Un homme dont on ne ventera jamais assez les mérites. Encore une fois, l’interprétation est parfaite. Inutile de chercher, il n'y a pas l'ombre d'un déchet sur ce disque. Un must!

Lien Spotify   

lundi 17 septembre 2012

Jeu sans frontières # 1: CLUTCH - Blast Tyrant - 2004


Thème du jour: Que la fête commence!

Pour débuter cette quatrième saison en beauté, il me fallait un truc qui envoie sévère. Et je pense que ce grand disque monolithique de Clutch rempli très bien le contrat. Pour faire simple, c'est du gros son Stoner avec une bonne dose de funk à l'intérieur, un pur plaisir!

Clé de contact, le v8 démarre au quart de tour, et il pète le feu! "Mercury" est une tonitruante entrée en matière. Grosse guitare bien grasse, rythmique pachydermique qui groove malgré tout et puis bien sûr, la grosse voix typique du genre. Cela n'est certes pas très fin, mais putain, que c'est jouissif! La lourdeur de "Profits Of Doom" rappelle le Black Sabbath des débuts sans pour autant n'être qu'une pâle copie. "Cypress Grove" est plus funky avec ses percus et sa guitare Fuzz; tout cela rappelle fortement un célèbre trio de barbus texans! Les chansons de "Blast Tyrant" sont peuplées de personnages et de créatures bizarres, et les paroles sont plutôt ésotériques; ambiance! D'ailleurs, je n'aimerai pas croiser le chemin du "Regulator", par contre la chanson est un terrible blues. Le très funky "Worm drink" semble être un compagnon de beuverie idéal, que la fête commence! Ça vire carrément au délire avec "Army Of Bono", plus rien n'arrêtera le rouleau compresseur Clutch, pas même Josh Homme et ses reines de l'âge de pierre. C'est dément, ça vous colle des frissons pour le reste de la journée ou de la nuit, c'est selon. L'album se termine avec un instru de tous les diables qui finira d'achever l'auditeur, l'incroyable "WYSIWYG".

L'édition deluxe de "Blast Tyrant" contient un deuxième cd avec dix titres tous aussi bon que ceux présents sur le skeud d'origine. Mais aussi un livret richement illustré et un artwork magnifié, que demander de plus?

lundi 10 septembre 2012

Jeu sans frontières saison 4


C'est l’évènement de la rentrée! Le jeu le plus fou de toute la blogosphère, l'affrontement des plus grands Gentlemen mangeurs de disques. Du 17 au 29 septembre 2012, vous verrez de braves gens se transformer en lycanthropes assoiffés de musique hurlant des airs de rock 'n' roll sous la pleine lune.

Pour cette quatrième édition (déjà), c'est le magnifique Mister Mood qui a préparé les thèmes. Le principe reste le même, mais je le rappelle pour les nouveaux ou les étourdis. Tous les deux jours pendant deux semaines, chaque participant postera un disque sur un thème imposé. Il n'y a rien à gagner, c'est juste pour le plaisir de jouer et celui de la découverte.

Pour les inscriptions, voyez avec Jimmy, c'est ici. Et pour voir la liste des participants, c'est là!

dimanche 2 septembre 2012

TOM JONES - Spirit In The Room


Quel choc! Ces deux petits mots suffiraient en réalité à résumer l'album. Pour moi, Tom Jones était encore ce chanteur pour mamies, un crooner vieillissant et risible bloqué dans une période Las Vegas sans fin. Et bien, je me suis planté, et en beauté. Avec "Spirit In The Room", Tom Jones nous fait son "American Recording". Comme le Johnny Cash du début des années 90, l'interprète de "Sex Bomb" se rachète une conduite, et nous livre ni plus ni moins un disque bouleversant. Comme pour les derniers albums de l'homme en noir, celui-ci est composé en majeure partie de reprises.

C'est avec une relecture de "Tower Of Song" du grand Leonard Cohen que débute l'album. Cette version prend aux tripes dès la première seconde, l'orchestration est sombre, la voix est trébuchante et riche en émotion. Le chanteur continue sur sa lancée avec une splendide version de "(I Want To) Come Home" de McCartney. A l'écoute de l'interprétation de Tom Jones, rien ne laisse présager des origines Britanniques de la chanson, tant celle-ci semble appartenir au folklore Américain. Et que dire de cette diabolique version de "Soul Of A Man" de Blind Willie Johnson? Déconstruite, poisseuse semblant tout droit sortie des eaux troubles du Bayou; indéniablement un des sommets de l'album. Tom Jones est un peu moins inspiré lorsqu'il reprend le contemporain "Bad As Me" de Tom Waits. Le chanteur peine à se détacher de l'original; au final on a l'impression que Tom singe Tom. L'édition deluxe contient trois titres en plus, dont une superbe et surannée version de "When The Deal Goes Down", un des plus beaux morceaux récents de Bob Dylan.

Quel choc! "Spirit In The Room" est la claque de l'été! Parait que "Praise & Blame", son opus précédent est du même tonneau, va falloir que je me procure cela.

jeudi 30 août 2012

N°68 THE FLAMIN' GROOVIES - Teenage Head - 1971


"Teenage Head" est l'album Stonien des Flamin' Groovies, on peut même aller plus loin en disant que c'est leur "Sticky Fingers". Mais en plus foutraque, garage et adolescent, donc forcément plus rock and roll, et j'ose le dire, meilleur. Je sais que je m'expose aux mails d'insultes et autres commentaires assassins en disant cela, mais je maintiens. Les deux premiers albums du groupe ("Supersnazz" et "Flamingo") furent des bides, malgré leurs indéniables qualités. Mais "Teenage Head" est une toute autre affaire, sur cet album les Groovies mettent le turbo, ils durcissent le ton. Si l'influence majeure est sans aucun doute les Stones, comment ne pas faire le lien avec les Stooges et le MC5?

"High Flyin' Baby" débute avec un démentiel riff de guitare slide, d'une simplicité et d'une limpidité extrêmes. C'est un morceau assez cinglé, et les vocaux à la Captain Beefheart n'y sont pas étrangers. Avec "City Lights", le groupe nous offre l'une des plus belles ballades des Stones non écrite par les Stones. Un titre qui sent bon la poussière, une véritable invitation à prendre la route au volant d'une vieille muscle-car rouillée. Gros coup d'accélérateur, "Have You Seen My Baby?" verse dans un rock primitif, tous les potards sont à onze, quel pied! On sent que les Flamin' Groovies veulent prendre leur revanche, ils sont là pour distribuer des pains dans la gueule. Plus loin, le rageur "Teenage Head" ajoute encore un peu d'huile sur le feu. Ce morceau est une furie rock, quel riff mes amis! La bride est lâchée et le groupe est définitivement hors-contrôle. Après ça, même la convenue reprise de Robert Johnson sent le souffre. Et quand les Groovies virent rockhab' c'est pour mieux parodier Elvis; ces types ne respectent décidément rien, et c'est tant mieux. Comme pour éteindre le feu qu'il a lui même allumé, le groupe referme le disque avec une bonne vieille ballade sudiste. "Whiskey Woman" est une apaisante conclusion, nous permettant de sortir de l'album l’esprit tranquille.

Sur l'édition cd de 1999, vous trouverez moults bonus sublimes, presque uniquement composés de reprises qui sentent bon les longs jams de studio. Et pour ne rien gâcher, le son est sublime!

dimanche 26 août 2012

N°67 GRANDADDY - Sumday - 2003


Il y a quelques temps, je vous ai dit tout le bien que je pensais de Grandaddy, via ma chronique de "The Software Slump". Ce dernier est considéré comme la grande oeuvre du groupe, mais il est tout à fait possible de lui préférer "Sumday". Paru en 2003, celui-ci est plus accessible, moins alambiqué, c'est l'album "Grunge" du groupe. Les guitares sont crados juste ce qu'il faut, les bidouilles électroniques sont toujours aussi inventives, mais surtout les compositions sont d'une limpidité désarmante; tout ici est évident.

"Clic, clic" l'ordinateur débloque et nous télétransporte dans l'univers geek de Grandaddy. "Now It's On" est une parfaite entrée en matière, pop-onirique mais jamais indigeste; Jason Lytle est décidément un homme extrêmement doué. Il ne tombe jamais dans des pièges prog-rock et évite brillamment le pathos, il flirte juste avec. Le mélancolique "I'm On Standby" rappelle ces jours de fin d'été, quand le temps semble ralentir à mesure que les jours raccourcissent. Ces instants étranges entre nostalgie et apaisement, des moments doux et précieux. Les synthés sont toujours aussi bien utilisés, de quoi vous réconcilier avec cette diabolique invention, les nappes de "Lost On Yer Marry Way" donnent du volume au morceau. Parfois, le tempo grimpe un peu, histoire de nous sortir de notre douce torpeur. Ainsi, les guitares cradingues de "El Caminos In The West" libèrent un peu d'adrénaline, tout juste canalisés par un refrain très mélodieux. "Saddest Vacant Lot In All The World" évoque la misère quotidienne, une sorte de chronique alcoolique et white-trash. "The Final Push To The Sum" annonce la fin du périple, bientôt l'ordinateur nous renverra sur terre. C'est avec une grande tristesse que nous saluons nos hôtes, un piano mélancolique et quelques envolées, des adieux finalement très heureux.

Trop méconnu, Grandaddy est un nectar pour les oreilles, et cet album est idéal pour découvrir ce groupe de Modesto, Californie. Alors n'hésitez plus, si ce n'est pas déjà fait!

vendredi 24 août 2012

BRUCE SPRINGSTEEN - Wrecking Ball


Le nouveau Springsteen est bon, bien meilleur en tout cas que "Magic" ou "Working On A Dream". Oui, mais voilà, le nouveau Springsteen est si frontalement engagé qu'il flirte dangereusement avec la démagogie. Le Boss dans la peau d'un "protest singer", ce n'est pas nouveau. Mais là où "The Ghost Of Tom Joad" brillait par une qualité d'écriture extraordinaire, "Wrecking Ball" manque de verve et d'inspiration. Les textes sont bourrés de lieux communs du genre: "Les banquiers s'engraissent et les ouvriers maigrissent", sans déconner! Que Bruce écrive de manière bancale sous le coup de la colère est compréhensible, ce qui l'est moins, c'est son refus de s'engager politiquement comme il l'avait fait pour Obama lors des précédentes élections. Contradictoire cette affaire...

Mais passons au contenu, car après tout c'est pour ça qu'on est ici. L'album débute avec "We Take Care Of Our Own", un premier single bien trop classique qui tente de renouer avec le son des débuts sans jamais y parvenir; dommage. "Easy Money" et "Shackled And Drawn" donnent dans un folk débridé, tendance Irish pour l'une et New-Orléans pour l'autre, un vrai régal. La production est plus aérée que sur les précédentes livraisons du boss. Le  producteur peu doué Brendan O'Brian est enfin parti, quel soulagement! Exit aussi le E-Street Band, la liste des musiciens participants à "Wrecking Ball" est longue comme un jour sans pain. Il est toutefois très émouvant d'entendre une dernière fois le Sax du regretté Clarence Clemons, notamment sur le génial morceau-titre. Si certains moments sont assez pénibles (la chiante "This Depression") voire douloureux (le rap mainstream de "Rocky Ground"), le disque est globalement de haute tenue. En fin de galette, le bosse se fend même d'une grande chanson. "We Are Alive" est un petit chef-d'oeuvre, même si la mélodie frôle le plagiat de "Ring Of Fire", avec les trompettes mariachi et tout le tintouin! L'édition deluxe (un album sur fond de lutte des classes, qui propose une version pour pauvres et une pour riches?! hum) comporte deux titres en plus, dont une hallucinante interprétation de "American Land", le récent séjour de Bruce chez les Dropkick Murphys a visiblement laissé quelques traces.

Au final, Bruce Springsteen nous livre un album plutôt bon, même si pas très fin.